samedi 6 septembre 2008

Équipement UTMB 2008

La liste des affaires emportées.

Sur moi au départ :
  • chaussures Inov-8 Roclite 295,
  • chaussettes Décathlon 50 neuves, lavées,
  • short,
  • t-shirt Ufo jaune, manches courtes,
  • casquette,
  • dossard fixé par des épingles à nourrice sur l'élastique de la frontale de secours (obligatoire).

Dans le sac à dos (Décathlon Quechua 10 litres) :
  • bonnet,
  • buff,
  • gants,
  • collant long Mizuno,
  • bâtons,
  • lampe frontale (obligatoire),
  • piles de secours (obligatoires),
  • lecteur mp3,
  • veste de pluie Raidlight Top R-light (obligatoire),
  • Wintertrail Ufo bleu,
  • couverture de survie (obligatoire),
  • bande pour strapping (obligatoire),
  • crème de marron (1),
  • compote en gourde (1),
  • noix de cajou,
  • barre céréales-spiruline (2),
  • gel (1), //pas la peine d'en reprendre//
  • papiers, argent, CB, carte Ufo, carte coureur UTMB, portable, Doliprane, pansements.

Drop bag 1 (Courmayeur, km 77, sac à dos rouge) :
  • chaussures Adidas Wanaka xcr,
  • sparadrap,
  • chaussettes Décathlon 50 neuves, lavées,
  • t-shirt Ufo manches courtes,
  • t-shirt Ufo manches longues,
  • barres céréales-spiruline (4),
  • crèmes de marrons (2),
  • compote en gourde (2),
  • noix de cajou,
  • serviette,
  • gel douche,
  • affaires de ville (t-shirt, pantalon, caleçon, chaussures) pour récupération à l'arrivée.

Drop bag 2 (Champex, km 122, sac à dos bleu) :
  • chaussures Inov-8 Roclite 295,
  • chaussettes Décathlon 50 neuves, lavées,
  • sparadrap,
  • gel cryo,
  • winter trail orange,
  • bonnet,
  • gants,
  • crèmes de marrons (2),
  • compote en gourde (2),
  • barres céréales spiruline (4),
  • noix de cajou,
  • serviette.
Ce que j'ai aimé : les noix de cajou, qui m'ont sauvé de déshydratation ; les compotes, je n'en ai pas assez emporté, ou plutôt j'aurais dû en prendre sur tous les stands qui en proposaient ; les barres de céréales Nature Valley miel/avoine, un régal, j'ai mangé ça sur la première partie, jusqu'au Chapieux.
Ce que je n'ai pas utilisé : les t-shirts à Courmayeur (mais utiles en cas de pluie), les crèmes de marrons, pas assez fluides à avaler.
Une erreur : laisser gants et bonnet et Wintertrail à Courmayeur… j'aurais dû faire La Fouly -- Champex juste en t-shirt--veste--collant, pas assez chaud pour moi.

Les bobos
  • grâce au sparadrap, pas d'ampoules aux talons, mais celui-ci a été découpé par les frottements pile à l'endroit des ampoules, donc un changement de sparadrap au km 80 serait pas mal pour la prochaine ;
  • pas d'autres ampoules nulle part : Inov-8 la classe ;
  • petite tendinite du releveur du gros orteil droit, qui passe après quelques jours, en continuant de courir ;
  • gros orteil droit insensible, au moins jusqu'au 15 septembre.

Le récit de l'UTMB 2008

Ultra-trail du Mont-Blanc, session 2008
Chamonix
Des gens et des restos
29—30 août 2008
108 km et 6365 m de D+ cette année


Prologue, pas de forme

5 août, première sortie après les vacances, et dernière avant le NOSE du Ventoux. 30’ pour chauffer et… s’arrêter : pas de jambes, pas de souffle, ça va mal. Encore plus mal revenu à la maison, vraiment pas bien du tout même : je prends rendez-vous chez le médecin, et entame un traitement qui devrait me rendre la forme pour le week-end. De retour du EONt, la toux s’est installée et revisite chez le doc. Cette fois, antibiotiques qui déglinguent tout sur leur passage. Dernière semaine avant l’UTMB, la toux est encore là, mais peu dérangeante et les jambes sont presque revenues, ouf. Mais le mercredi veille du départ, re-visite chez le médecin, pour une otite cette fois, traitement dopant donc à commencer au retour de Chamonix, avec en prime de nouveaux antibios pour la toux. Vivement la rentrée !

Introduction made in Ultrafondus

C’est l’heure, Phil et Romu se garent devant la maison, les sacs sont prêts et rentrent même dans la voiture, ouf. Le voyage commence par une histoire de buse, et Romu ne tarde pas à cadrer le personnage qui va l’empêcher de dormir tout le reste du trajet. C’est l’aventure !
L’accueil au CCAS de Vaudagne est très sympa, et le cadre magnifique. Phil a emmené toute son électronique, ce qui nous permet de suivre les petits trotteurs à Léon, avec déjà les Riri Fifi Loulou qui se tirent la bourre avec deux équipes, dont les Célestes.
Cette extra-dimension donne au week-end un relief particulier : on va courir sur des chemins de grande randonnée, eux se payent le luxe de faire un truc de vrais malades, sur des sentiers techniques, aériens, grandioses… ça ne me donne pas envie par peur du vertige, mais quand même, ça élargit encore le champ de bonheur offert par les Poletti aux coureurs, c’est beau. Oser proposer ce genre de plat me rend encore plus admiratif devant cette équipe, et ça l’était déjà avant !
Lendemain jeudi, installation du stand et je fais mes débuts en vendeur de t-shirts jaune siglés Ufo. J’ai peut-être rater ma vocation… faut dire qu’évidemment, les chalands sont peu difficiles à convaincre. Plein de monde de croisé, c’est génial de toujours trouver quelqu’un qui partage la même passion. Et déjà le vendredi, démontage du stand et rentrée à Vaudagne pour la pasta et la sieste, après préparation des sacs. L’optimisme est de rigueur. J’ai dit à tout le monde qui voulait l’entendre que je visais 33h, non pas pour le temps lui-même, mais surtout pour l’horaire d’arrivée. En fait, le but initial est quand même de faire le tour, qu’importe le temps pourvu qu’il y est du plaisir et un peu de mal de jambes.

Départ, St Gervais : au début, du calme

Départ avec Emmanuel, qui s’envole rapidement rejoindre les bons. Je navigue un peu avec Bottle, Irving, Surfboy, Olivier91, Upda, un départ tranquille. Arrive le col de Voza, un petit bout avec Bombyx, qui après m’avoir dit « je reste à 800 m/h » prend les bâtons de son sac et s’envole, très fort et sûr de lui… alors que j’étais déjà à ma limite des 800. La montée se passe bien, le massif du Mont-Blanc est aussi beau que l’année passée, nimbé du rose du soleil couchant. Un petit bouchon lors du contrôle à La Charme, puis descente vers St Gervais. J’y vais tranquillement, mais j’ai les jambes un peu fatiguées. La nuit tombe, j’essaie de rester au contact de ceux qui ont sorti leur frontale, puisque j’ai joué le flemmard pour la garder dans le sac le plus longtemps possible. Ça ne suffit pas, je m’arrête avant une portion de route pour la sortir. Emmanuel me donnera une raison supplémentaire de me traiter de stupide, en disant dimanche soir que le fait de porter la frontale de secours en porte-dossard (à la Yoyo) est géniale, puisqu’il a fait la descente avec celle-ci, lui. Eh oui, moi aussi j’avais ma deuxième frontale à la taille, mais je n’ai pas eu la présence d’esprit de l’allumer. Betâ, hein ? Bref, je croise Phil en me disant que le loulou est parti vite, vu son départ en queue de peloton, suite à ces multiples interviews donner à des Italiennes, Hollandaises, et j’en passe. L’arrivée sur St Gervais se fait dans les temps de l’année dernière, ce qui correspond à mon plan de marche : j’espère gagner du temps plus tard, en courant là où j’avais marcher, et en évitant mes nombreux coups de mou. Au ravito, Anaëlle est là et encourage les Ufos qui passent, que c’est bon. Le ravito est succinct, j’avais prévu une recharge de la poche à eau, mais vu le peu de liquide absorbé, je remets l’opération à plus tard. Un verre de coca, deux morceaux de bananes et roule.

St Gervais, lac Combal : teuf-teuf

Ma partie la moins aimée du parcours commence. Je trotte tout de même, croise encore Bottle et Irving, pas mal de monde, de route, la nuit est installée et je n’ai pas encore trouvé mes jambes. Par contre la toux me laisse tranquille, j’ai bon espoir d’exploser tous les chronos. C’est vrai quoi, malgré toute la mauvaise foi débalée depuis quelques temps avec Phil sur le forum, je dois valoir pas loin des 35h quand même, si tout passe bien. Et si c’était cette année ?
Arrive les Contamines, bain de foule. je remplis ma poche à eau, prend un verre de coca et une banane et file. Je suis encouragé par l’épouse d’Antoine, rencontrée le matin même sur le stand. Je m’arrête pour prendre des nouvelles de son mari, et de quelques autres bons. Avant de repartir, elle me conseille de me couvrir, ce que j’avais prévu de faire un peu à l’écart, purée ça fait drôlement chaud au coeur d’être si prévenant. Antoine tu peux remercier ta femme pour sa gentillesse, vous formez une belle équipe !
J’avance donc un peu, et trouve un endroit propice pour enfiler collant long et haut chaud. Je remets mon t-shirt jaune, il n’est pas à ça près. Je sors les bâtons que j’avais bêtement laisser sur mon sac jusque là par pure envie bornée. En fait, ils ne servent à rien jusqu’aux dalles, je me rappelais que ça montait plus tôt après le ravito. Je repars donc et double Upda en grande discussion avec sa charmante épouse, qui passe certainement une belle lune de miel, avec les étoiles dans le ciel. Elle nous accompagne un peu, j’en profite pour jouer à la marelle, puis discuter avec Jacqueline (Mme Akuna) qui nous donne des nouvelles des potos.
Allez c’est parti. Sur les dalles, nous croisons un monsieur chauve en train d’attendre le train sur un rocher ; après quelques mots, nous décidons donc Olivier91 à reprendre le chemin du sommet. Il tracte bien le bougre, heureusement qu’il fait des pauses pour que je puisse discuter. Arrivés au ravitaillement de la Balme, je laisse filer Laurent. Je me prépare pour le Bonhomme : coca, banane, chocolat, veste, gants, bonnet et lecteur mp3 sur les oreilles. Avant de partir, je retourne prendre un morceau de chococo, j’aurais pas dû. Celui-ci va tourner et retourner dans mon estomac pendant toute la montée, au moins je ne risque pas d’aller trop vite. Je me cale sur un bon wagon, montée régulière et en douceur. Je m’étais beaucoup fait doubler l’année passée sur cette portion, rien de tout cela cette fois, chic. Seul problème, je ne retrouve toujours pas mes jambes du début du Ventoux, et la toux commence franchement à s’installer. Arrivé au col, je lance la musique (le clip est ce qu’il est, mais attention : ce n’est pas une musique à mettre entre toutes les oreilles), là j’accélère. J’adore cette partie, je reprends un wagon, et double sur les rochers, excellent, puis vient la descente où je lâche tout ce que j’ai. Quel régal, je ne vois pas très bien sans mes lunettes, mais passe outre, que c’est bon. Je crois arriver aux Chapieux avec un quart d’heure d’avance par rapport à 2007, mais quand je regarde les temps de passage, je n’avais en fait que 45… secondes. Quel timing !
Ravito express, poche à eau, coca, banane et zou, c’est reparti sans frontale, éclairé sur la route des Glaciers par la voix lactée, je retrouve les sensations de l’année dernière, je voudrais vivre là, d’amour, d’eau fraîche et d’étoiles, dans cette vallée qui mène au col de la Seigne. Je marche vite et entame la montée vers le col avec un nouveau wagon. Les lacets se passent bien, malgré la toux qui s’installe quand je force ; mais la dernière partie me scotche litéralement, et je me remémore cette partie en 2007, c’est bien ce qui c’était déjà passé. C’est vers ce moment je pense que je commence à avoir mal aux côtes (les miennes) à force de tousser. Ça ne va pas aller en s’arrangeant malheureusement. Le passage du col est frais, je m’assoie quelques instants en disant au bénévole qui me conseille d’aller plutôt au chaud 15’ plus bas que je profite juste un peu avant de repartir. La descente est un régal, je passe à côté de la maison-refuge dans les temps annoncé par le bénévole, ainsi qu’au ravito du lac Combal, merci à lui de m’avoir donner le bon timing. La descente s’est très bien passée, je double beaucoup, toujours avec cette musique de dingue dans les oreilles.

Lac Combal, Courmayeur : tout va bien

Trois verres de coca, des bananes, remplissage de la poche et je repars, habillé comme en plein hiver ; il faut dire que ça ne fait pas chaud dans ce pays. L’aube se lève et la brume sur le lac donne au paysage un air fantastique. La montée de l’arête Mont-Favre m’avait laissé un cuisant souvenir, cette année elle passe plutôt bien, je la monte régulièrement, ne me fait pas trop doubler, et arrive assez frais en haut pour attaquer dans la descente. Arrivé au col Chécrouit, je me pose pour mettre mes habits de lumière, et en profite pour arracher Upda au spectacle complètement immoral donné aux coureurs par trois danseuses du ventre. On rigole encore pas mal dans la descente, à soulever des nuages de poussière. Seulement, Upda à laisser sa femme au col, et s’arrête avant Dolonne pour l’attendre. Hum, Je pense à ce moment qu'il arrêtra certainement là, dommage j’aurais bien aimé continuer l’aventure. Arrivé à Courmayeur, les sacs sont prêts et le système de récupération bien pratique. Je m’aventure à l’intérieur, et finalement cède au plat de pâtes. Un coca pour accompagner, je laisse mes vêtements chauds dans le sac et repars sans même changer de chaussettes. Je repas avec un bon moral, j’ai une heure d’avance par rapport à l’année dernière, et vient de passer 27’ dans le gymnase.

Courmayeur, Arnuva : ça craint

À la sortie, je croise les « Vamos papa » (les enfants d’Olivier91) et Alice qui attend encore son dormeur de mari. Je vois également Zeb sortir mais je ne l’attend pas : on avait prévu qu’il me double dans le grand col Ferret, ce n’ai pas pour me doubler avant Bertone, non mais ! À la sortie de Courmayeur, je me fais alpaguer par un Anglais en vadrouille, qui a envie de taper la discute. Il va randonner un peu entre une cérémonie de mariage et le vin d’honneur, heureusement qu’il ne voulait pas aller à Bertone, je n’aurais pas pu suivre son rythme. Arrivés au petit chemin de Bertone, il me laisse et j’entame tranquillement cette montée difficile. Je m’aperçois au même moment que j’ai oublié de refaire le plein de ma poche à eau à Courmayeur, oups. Je monte bien, mais arrivé à Bertone, j’ai un énorme coup de mou. Je mange, je bois, je discute avec Zeb qui vient d’arriver, je sens mal le morceau qui vient. Allez hop, c’est reparti mais comme l’année dernière je ne peux pas courir sur ce tronçon, du coup ça parait long, très long et je commence à avoir franchement marre de tousser tous les quinze pas, surtout que la douleur sur le côté s’amplifie à chaque fois. Je redouble Zeb allongé à l’ombre sur le bas-côté, l’air n’est pas au courage pour nous deux, ni à l’envie absolue de finir.
Un petit SMS à Phil pour me redonner du courage :
moi : ici Bonatti, galère, t’es où ?
Phil : je suis au Ferret
moi (après un temps de réflexion : pétard, il m’a mit trois heures dans la vue !) : yessss, forza
Phil : mais arrêt aux Conta
moi : Et m$rd$.
Là, j’oscille entre envie de terminer pour nous deux, et découragement. Peu avant le refuge de Bonatti, je me fais déposer par un train Olivier91-Bottle-Irving qui ont l’air bien en forme. Je vais lentement, et arrive à Bonatti avec une grosse envie de me coucher.
Mais il faut repartir, tranquillement avec Olivier qui me largue petit à petit. Après un SMS de SOS à Phil, celui-ci me rejoint dans la descente d’Arnuva. J’y retrouve Olivier, Gidéon qui m’encourage, Val qui a préféré un retour simple à Cham’ en voiture. Dix minutes de repos allonger sous la tente me font du bien, mais Olivier vient me chercher pour m’empêcher de passer la nuit là : je serai son boulet pour le Ferret.

Arnuva, La Fouly : adieu veste finisher

Le redémarrage n’est pas si difficile, et on monte tranquillement mais sans flancher le grand col Ferret, alors qu’Irving revient vers Arnuva après un coup d’hypoglycémie, laissant à Bottle le soin finir. Seulement deux pauses, au refuge Elena et juste avant d’attaquer la crête. Je rattrape même un peu de mon retard sur l’année dernière, mais la descente s’annonce comme un calvaire, je n’arrive plus à courir, alors que l’année dernière ça avait été super. Arrivé à La Peulaz, j’annonce à Olivier mon arrêt, et il poursuit avec un nouveau coéquipier : Rémi, aka Tom.
J’attends un peu là, en essayant d’avoir du réseau pour annoncer ma décision à Phil et à la famille, puis repars tranquillou vers La Fouly. Le sentier en balcon et la descente finale sont chouettes, je préfère en tout cas au passage Bertone-Bonatti. Anaëlle est encore là, on tape la discute en attendant un peu Sam, qui arrive quand je reprends le chemin. Ils me doublent tous les deux dans le final du balcon.
Enfin la route, et les spectateurs qui annoncent la raclette dans dix minutes. Parole tenue, je rends mon dossard, commande une raclette et me permets même de choper un co-stoppeur pour qu’il me ramène avec ses amis à Chamonix sans passer par la navette.
Je retrouve Anaëlle et Sam qui se prépare à partir, s’il n’en reste qu’un, ça sera lui, youpi.
La raclette est en plus super bonne, elle me rappelle furieusement celle de Trient, l’année passée.




Dimanche : c’est pas fini

Après un retour sans histoire, un repas (un de plus) au réfectoire avec Phil, Zeb (finalement, j’aurais dû m’arrêter à Arnuva aussi !), Manu26 et FrançoisdelesBauges, nous filons nous coucher en demandant aux bénévoles de nous réveiller (avec Phil) à… 5h du mat’ : arg. Trop court, le bénévole vient me réveiller, et me laisse me rendormir pour revenir à 6h : c’est un service d’hôtellerie quatre étoiles ici ! Allez, préparation du sac, chaussures, c’est reparti. Eh oui, on avait décidé hier d’aller se faire La Flégère, histoire de faire un week-end choc à défaut d’UTMB entier. La côté est rude, j’ai les cuissots un peu dur et ma côte me fait bien mal. On croise Gidéon en pleine forme qui nous sort un « j’ai mal » dit d’une manière tellement positive qu’on le sent près pour une descente à fond, youpi !
À La Flégère, on décide de se faire deux côtes à fond histoire de faire passer l’alti à 1200 m/h, réussi au 2e essai, ouf je n’aurais pas pu en faire un troisième.
C’est l’heure du chocolat chaud, et du coca pour faire passer ?!
Puis la descente, je traine un peu alors que Phil part à fond. Je discute à droite à gauche et puis me tape quand même une belle portion (2350 m/h, les quadriceps avaient encore un peu de réserve, les idiots !). À la jonction de la route, Phil m’attend depuis 18’ (je le soupçonne de ne pas avoir arrêter son chrono lors de mon arrivée, hé hé hé) et discute avec Anaëlle qui attend encore son Sam de mari.

Dimanche : reprenons des forces.

Après avoir discuté avec pas mal de monde sur le trajet de l’arrivée, et vu les finisher Bottle, Surfboy entre autres, on décide de se poser à une terrasse, et là commence le meilleur moment du week-end. L’attente est longue entre les plats, mais ça permet de se rendre compte que la faim est là. Les plats défilent à chaque nouvel arrivant à notre table : Romu, Ultra_Stef et ses petits trotteurs Arnaud et Etienne, Val.
Nous voyons Olivier91 arriver, ainsi que les petits trotteurs Isabelle et Paulo, quel plaisir de les voir finir ce truc fabuleux. C’est Akuna complètement décalqué que nous voyons en allant nous changer, le pauvre tient une énorme tendinite et à fait une partie de la dernière descente en marche arrière. Il tient une sacrée fatigue mais quel plaisir encore de le voir à l’arrivée. La soirée se termine au resto, avec l'équipe Ufo Romu, Phil, Emmanuel et Sandrine pour seule finisheuse puisqu’Emmanuel a rendu les armes à Courmayeur après une belle gamelle.
Ah que ce week-end était bon.

Après coup : l'avenir

Alors évidemment, vu ma descente de La Flégère le dimanche, je pourrais me demander pourquoi j’ai réellement abandonné. Les quadriceps étaient certes entamés, mais c’est le moral qui a flanché, devant ces cuisses que je ne reconnaissais pas, devant cette toux increvable, cette douleur aux côtes induite, et l’énormité de ce qui m’attendait encore, une fois le grand col Ferret passé.
Alors maintenant, j’essaierai d’arriver aux courses vraiment reposé, sans être malade depuis des semaines, avec de l’entrainement mental également, pour blinder ma volonté.
Vais-je retourner faire cette course ? C’est vrai qu’il y a tout le temps du monde, et puis c’est une grosse machine, avec même le départ qui passe au 20h. Ça n’est pas vraiment ce que je recherche dans l’ultra. MAIS, mais, mais… c’est parce que c’est une grosse machine qu’il y a un tel engouement des bénévoles toujours aux petits soins, comme sur toutes les autres courses, mais aussi des spectateurs, des fêtes improvisées tout au long de la nuit, et ça, une fois par an, ça fait drôlement chaud au coeur. Alors oui, j’y retournerai ; pour voir encore une cinquantaine d’Ufo, pour sentir en moi les effets de cette fête de l’ultra, pour croiser des petits trotteurs à Léon, qui a chaque pas développent une aura toute particulière, un truc incroyable, qui fait monter une grosse boule dans la gorge, d’envie, de partage, de fierté d’appartenir au même monde. C’était beau, bravo à tous, quel week-end fabuleux. Énorme merci aux bénévoles, à l’organisation et une pensée spéciale pour les Poletti, qui ont eu le courage de créer ce truc incroyable, qui l’animent avec chaque année toujours autant de ferveur, et montent des trottes pour garder cet amour de la montagne.

Alors partant pour 2009 ? Oh oui, ça oui, plutôt deux fois qu’une.

samedi 10 mai 2008

Les achats course à pied 2008

Alors donc, voici l'état de mes dépenses pour la course à pied, tout confondu, pour l'année 2008.

  • en janvier, 151 € pour l'inscription à l'UTMB (comprend également l'assurance annulation et un don à l'association Courir pour toi) ;
  • en janvier, 50 € pour le Raid 28 ;
  • en mars, commande d'un pack de t-shirt Ufo (40 €) sur la bourrrrrique ;
  • en mai, commande Zombie ($165) de Lore of Running (pour les longues soirées d'hiver… ou d'été), et d'une paire de Inov-8 Roclite 295 ;
  • en juin, nouvelle commande Zombie ($230) d'une autre paire de Roclite 295 (pour faire... un roulement, sic !) et des superbes Inov-8 F-lite 230 ;
  • en juin, achat des billets de train pour le week-end choc au Ventoux, début août : 116,40 € ;
  • en octobre, 10 € pour la ronde du lac ;
  • en novembre, achat d'un nouveau short parce que mon tout-troué est vraiment trop troué (de l'intérieur surtout) : 6,90 € ;
  • en novembre toujours, 12 € pour la Carrières by night ;
  • en décembre, 42 € pour l'Origole.

vendredi 25 avril 2008

La tonte du jardin

Ah, tondre le jardin... ma deuxième passion (sic !).
  • 22 avril, sans ramasser, mode dépotage, et je continue chez M.-C. ;
  • 3 mai, sans ramasser parce que pas trop haute ;
  • 9 mai (quel rythme !) ;
  • 24 mai, sous la grosse pluie tropicale ;
  • 7 juin ;
  • 17 juin sous un beau soleil en fin d'après-midi ;
  • 1er juillet sous la chaleur ;
  • 28 juillet, et chez S&L ;
  • 16 août, et chez S&L ;
  • 8 septembre, mode dépotage en profitant d'une accalmie.

mardi 22 janvier 2008

Raid 28

Eh oui, je suis de mon premier Raid28 cette année. En tant que capitaine de l'équipe des Annick's Angels, avec Annick en féminine de pointe, Loran en orienteur, ThierryM en azimuteur et l'Sanglier en poinçonneur des Lilas.
Bonne CO bien grasse, avec de l'eau jusqu'aux genoux plusieurs fois, pendant un bon bout de temps en longeant les étangs de Hollande pour une spéciale orientation. C'était chouette, maxi cool, mais il faut que je travaille mon azimut. Faudrait même que je fasse des CO en solo histoire de m'amuser à faire tous les rôles d'un coup.

La nuit a été douce, une seule couche de vêtement aura suffit (même si je mets un short par dessus mon collant long) :
  • New Balance OR1100 + guêtres Merrell qui ne tiendront pas toute la course, mais suffisamment pour être utiles,
  • collant long, idéal pour passer les ronces,
  • short, deuxième couche contre le froid de la nuit,
  • wintertrail Raidlight (changement de coloris vers 10h, du sec ça fait du bien),
  • sac à dos Décathlon diosaz 27l
Dans le sac, plein de chose qui ne serviront pas (chaussettes, t-shirt manches courtes, veste Aigle) et pas mal qui serviront : sandwiches (une demi-baguette), un quart de baguette aux raisins, 4 barres de céréales à la spiruline, 4 gourdes de crème de marrons, deux poches à eau. La boussole est attaché par un cordon élastique, les papiers, pansement, couverture de survie sont protégés par deux épaisseurs de sac plastique.
Il me manquait :
  • des noix de cajou,
  • du chocolat à croquer.
C'est vraiment bon ces deux trucs-là, il faut que j'y pense la prochaine fois.

mercredi 16 janvier 2008

Mes bouquins 2008

Mes bouquins de l'année (ordre chronologique) :
  • Une Exécution ordinaire de Marc Dugain, éd. Gallimard ; la terrible fin du Koursk ;
  • Riverdream de George R. R. Martin, éd. Les éditions Mnémos ;
  • Le Sommet des dieux de Jirō Taniguchi (adapté de l'œuvre de Yumemakura Baku), éd. Kana ; pour les amateurs de montagne et de questions existentielles : excellent ! Difficile de redescendre à l'altitude zéro...
  • La Librairie Tanabe de Miyuki Miyabe, éd. Picquier poche ;
  • K de Jirō Taniguchi et Shiro Tosaki, éd. Kana ; encore de l'escalade, mais moins bon que le Sommet ;
  • L'Homme de la toundra de Jirō Taniguchi, éd. Casterman (bof) ;
  • La Lune était noire de Michael Connelly, éd. Seuil ;
  • Darling Lilly de Michael Connelly, éd. Seuil ;
  • Je vous écris de Hisashi Inoue, éd. Picquier poche (bof) ;
  • Le Numéro 7 de Martin Winckler, éd. Le Chercher Midi (bof) ;
  • Premier de cordée de Roger Frison-Roche, éd. J'ai lu (excellent) ;
  • Zoulou Kingdom de Christophe Lambert, éd. Fleuve noir (pas aimé) ;
  • La Grande Crevasse de Roger Frison-Roche, éd. J'ai lu ;
  • Tokyo de Mo Hayder, éd. Presses de la cité ;
  • Retour à la montagne de Roger Frison-Roche, éd. J'ai lu ;
  • Le Talisman de la Villette de Claude Izner, éd. 10/18 ;
  • L'Enigme des Blancs-Manteaux de Jean-François Parot, éd. 10/18 ;
  • Annapurna premier huit mille de Maurice Herzog, éd. Arthaud ;
  • Le Château des poisons de Serge Brussolo, éd. du masque ;
  • Le Capuchon du moine de Ellis Peters, éd. 10/18 ;
  • A comme alibi de Sue Grafton, éd. Pocket ;
  • Dédale de Larry Collins, éd. Pocket ;
  • Ils voulaient la Lune de Alan Shepard et Deke Slayton, éd. J'ai lu ;
  • Labyrinthe de Kate Mosse, éd. JC Lattès ;
  • Le Fanal de la mort de Paul Harding, éd. 10/18 ;
  • Crossfire de Miyabe Miyuki, éd. Picquier ;
  • La Moisson d'hiver de Serge Brussolo, éd. Denoël (pas aimé) ;
  • No Logo de Naomie Klein, éd. Leméac/Acte sud (toujours d'actualité) ;
  • Ne tirez pas sur l'oiseau moqueur de Harper Lee, éd. Le Livre de Poche (excellent) ;
  • La Mort des bois de Brigitte Aubert, éd. Point (pas aimé) ;
  • Le Meurtre du samedi matin de Batya Gour, éd. Folio policier ;
  • Les Mers du sud de Manuel Vásquez Montalbán, éd. 10/18 (excellent) ;
  • Le Cercle de Megiddo de Nathalie Rheims, éd. Léo Scheer (pas aimé du tout).

jeudi 6 septembre 2007

Le récit de l'UTMB

Même pas une larme, même pas de joie débordante, même pas de crise de fou rire, juste une espèce de vide ; bien sûr, j'ai tout de même les yeux un peu humides (une allergie aux arrivées, sans doute) et je ne regarde pas l'œil de la caméra qu'un gars braque sur moi à l'arrivée, de peur d'un débordement du canal lacrymal non contrôlable.
Enfin, l'affaire est faite, et bien faite. Je me suis bien amusé du début à la fin, même si la fin l'emporte largement, faut dire que je n'étais pas tout seul dans cette lutte, l'ami Phil aura été un mentor, entraîneur, lièvre, sans qui tout ceci n'aurait pas été possible : merci Phil, du fond du cœur. Et ça discute sur l'aire d'arrivée, Patrak, Bombyx, radieux et un certain FrançoisdelesBauges dont le sourire m'aura hanté (mot mal choisi, mais son sourire était en moi avec une telle présence que c'est comparable) depuis Arnuva : merci François, Patrak et Bombyx ; je n'avais plus toutes mes connexions neuronales, mais j'ai apprécié les quelques propos échangés.

Mais venons-en aux faits, au début-------skiishhhhsh zlioup


(Et c'est l'arrivée ! photo Maindru)


(La fin est proche ; photo l'Électron)

Chamonix (arrivée) -- Argentières
Avant un final de toute beauté avec l'ami Dawa venant à notre rencontre à quelques hectomètres du sacre, j'ai alterné des périodes de saine distraction, à compter les concurrents avalés par notre équipage, un par un, grâce au grand secret -- et aussi grâce à des accélérations dont Phil a le secret --, à bondir à un train d'enfer sur des petits sentiers très ludiques, à doubler des Ufos (Bottle, Irving) avec des périodes de mou intégral, où une tendinite du talon droit me crie d'arrêter les frais, et où une douleur aux orteils me hurle la même chose. La toute fin (juste avant d'entrée dans Chamonix) aura été laborieuse, heureusement elle se termine lorsque l'on croise l'Électron, merci à toi !

Argentières -- Vallorcine
Depuis Vallorcine et notre dernier ravitaillement, on mène un très bon rythme, on ne fait pratiquement que marcher, mais on avale des concurrents bien cuits et personne ne nous reprend sur ce tronçon. Et puis voilà le col des Montets, où suite à une remarque du Phil (on pourrait bien s'en manger une cinquantaine jusqu'à l'arrivée), je décide de démarrer un comptage des fromages pacman-isés, qui augmente bien vite et nous donne un tonus d'enfer... Les douleurs sont oubliées, on continue sur notre lancée, youpi. Enfin, sauf que j'ai une tendinite qui se matérialise au talon droit, hum, elle devient vite enquiquinante, cette saleté.


(Hop hop hop ; photo Maindru)


(Hop hop hop ; photos Emanuèle)


Vallorcine -- Frontière
Alors-là, misère de misère, je ne sais pas ce qui s'est passé dans ma pauvre tête. Enfin, tout vient de Phil bien sûr, mais cette portion restera gravée dans mes souvenirs, et quand ça ira mal en course, je tâcherai d'y repenser...

Phil -- « On a oublié la fille avec le sac Raidlight !
moi -- Ah oui ? (peu enthousiaste), tiens, la voilà. (zut)
...
moi -- Je crois que si on la dépasse trop peu vite, elle risque de s'accrocher.
Phil -- Ouais, c'est les nanas, ça.
moi -- Faudrait la doubler franchement vite, en fait, après une approche en douceur pour la surprendre (sournois, moi ? non !).
Phil -- Ouais enfin à ce rythme, ça sera tellement en douceur qu'on ne la rattrapera jamais.
moi -- (Boudiou) »

Et me voilà parti à la recherche de cette fille (merci à elle) qui vient de disparaître derrière le virage, juste après l'arrêt du télécabine. On reprend un bon rythme, on la rattrape, elle accélère en nous entendant (mais oui c'est vrai, une teigne je vous dis !) alors j'accélère, et encore et voilà un virage sur les chapeaux de roues, et j'accélère de nouveau et Phil me passe, et je vole, je le repasse, je vole, je vole, c'est trop bon, pourvu que ça ne s'arrête jamais, Phil reprend la tête et on quitte déjà la piste, là le Phil s'en donne à coeur joie, continuant sur un rythme que je ne peux suivre dans les racines (faut vraiment que j'apprenne à descendre, je vais commencer avec le mag de juillet-août, tiens :o) ).
Pétard, on arrive à Vallorcine dans l'euphorie, et l'on retrouve Kourpavix qui malgré un genou récalcitrant était devant depuis Champex ; Champex, que c'est loin ! C'était la nuit, un rythme d'escargots, alors qu'on est bien là à sprinter en descente, un autre moi ?

Frontière -- Point haut des Tseppes
Phil a une idée très particulière de la descente qui vient. Gardant son rythme de montée pour échapper à un anglais teigneux, il veut en profiter pour faire du Yoyo tout craché : Pacman hante son esprit. Pour ma part, j'ai un peu de mal à relancer mais je me prends au jeu. Je mène pour qu'il y ait toujours un Phil derrière, et je m'amuse à reprendre quelques gars en relançant un petit peu, même si la marche est encore de mise. On en double donc quelques uns et puis je lance un « ça y est, on les à tous repris » qui revient à mes oreilles traduit en un « y'en a encore un là bas ». Boudiou, c'est le déclic, de coureur avec 140 bornes dans les pattes, je deviens une bête monstrueuse sans peur et sans scrupules, avec quelques bornes dans les cuisses, et une envie d'en découdre affolante. C'est parti :o)

Point haut des Tseppes -- Trient
Une montée sans histoire. Juste quelques tables de pique-nique, sur le côté « ravin » du chemin, ils sont timbrés ici ou quoi ? Ah ! Non ! Hé hé hé, c'est un rocher (glp) ou encore « tiens, une maison, m'étonnerai bien que ça soit une maison, ah bah si c'est une maison, tiens mais non, juste des racines... ». Je monte à mon rythme, assez vite au départ pour me réchauffer, et puis je fais une mini-pause à Catogne -- en attendant le Phil qui n'avait pas aussi froid que moi en bas --, avec un gars qui ne comprend rien à ce que je lui dit -- le contraire est aussi vrai --, complètement à la masse ; je lui conseille de pioncer vingt minutes, pas sûr du tout qu'il ait compris ! Donc sinon que dire, ça monte sec, avec le soleil, mais au moins ça fait plaisir parce qu'à ce rythme, on sera sûr d'aller en haut.

Trient
moi -- « On peut avoir de la raclette ?
le cuistot -- Mais vous êtes coureurs ! Ça ne va pas être trop lourd ?
moi -- Lourd ? Une raclette ? Avec la côte qui vient ? Vas-y, j'en prends trois ! »

Avec Phil et Sébastien, encore du temps de perdu, mais les deux tours de raclette resteront encore dans ma tête un bout de temps, et participeront activement à la pêche dans le final. Je croise également ForestAlex et Sushimaki en quête d'une bonne raison d'abandonner, ou plutôt en quête d'un bon coup de pied aux fesses de son chevalier pour aller au bout !

Trient -- Bovine
Miaaa-ouuuu, cette descente, après ce petit sentier en balcon où je mène tranquillement, préférant voir les herbes plutôt que les pieds du Phil devant moi (je devenais scouizo-je ne sais quoi à ne voir que des pieds !).
Donc le début est très sympa, je suis assez lucide pour être concentré, assez concentré pour avancer vraiment. Les bâtons me servent juste à m'équilibrer, on s'amuse bien et on double à tour de bras. Mais peu à peu mon envie s'émousse, ainsi que la concentration et une gamelle avortée me ramène à la raison : je n'ai plus assez de jus pour courir là-dedans, dommage. Je vais perdre un sacré temps, même si je rattrape encore quelques concurrents hagards. Après le col de la Forclaz, je hais pendant cinq minutes la bénévole qui m'a annoncé en claironnant : « maintenant c'est la descente vers Trient ». Descente mon œil, je suis sur un large chemin qui prend plutôt la direction du sommet que de la vallée, j't'en ficherais des... ah, mais c'est une frontale là-bas, qui passe en face de moi et qui descend... ouf. Les marches sont bien glissantes et je suis encore proche de l'arrêt dans cette portion, heureusement assez courte.

Bovine -- Champex
Alors ?
Bah alors cette montée est très amusante, ludique à souhait, avec des pierres, des racines, des rochers, pfff, trop rigolo, merci Gé Lafrite-Powaa ! Je suis Phil toute la montée, j'ai presque des remords à ne pas alterner, mais je nous ferais perdre du temps à hésiter sur le passage le plus approprié, alors qu'il me peine déjà de suivre le traceur. Rythme impeccable, continu, on arrive au ravito bien frais et finalement Bovine c'est de la rigolade. L'approche est tout de même un peu longuette, ou plutôt j'ai du mal à mettre le profil du roadbook sur cette portion, bizarre. En tout cas la nuit est belle, très agréable.


(Une belle vitalité ; photo l'Électron)

Champex
Ravito des vainqueurs. Ou plutôt des professionnels. Là, tout est fait pour nous remettre à niveau, et la montée m'a bien entamé.
Nous sommes accueillis ici par l'Électron, qui fige ces moments (merci !) où l'on se croit relativement frais alors que notre tête fait peur à voir. Tout le monde (ou presque) est là Gé, Koline, Séraphin et les parents de Phil, quel accueil !
On mange des pâtes (sans garniture pour moi), je refais le plein de coca, on discute de tout et on oublie tout. J'hésite à aller me faire soigner es ampoules mais devant l'attente, je me dis qu'elles tiendront bien 40 bornes. Démesure. Je n'ai plus aucune notion concrète du temps, du kilométrage. Bombyx est arrivé juste derrière nous, et je croise Kourpavix qui va se faire soigner un peu ; je lui dis que l'on compte repartir d'ici cinq minutes, mais entre temps Phil a l'idée merveilleuse d'essayer de dormir un peu, et va dans la sur-enchère en demandant à ses parents deux places tout confort dans leur voiture. 20' de repos, j'entends un peu les annonces des concurrents qui arrivent au ravito mais m'endors assez rapidement, pour revenir complètement revigoré au réveil. Bombyx et Kourpavix sont déjà repartis. Là, Gé nous sort le grand jeu de la-côte-qui-suit-qu'est-toute-rigolote, elle nous explique qu'elle est très ludique cette Bovine, avec des marches pour s'amuser, le pied ; je ne suis pas sûr d'avoir autant de gniak, mais ça fait du bien ces propos rassurants ! Habillage, remplissage de la poche à eau, bip départ du ravito, bises aux filles et salut aux gars (je vous aime !) et c'est reparti pour une nouvelle étape. Il est minuit passé, purée que j'ai envie de continuer ! On se donne rendez-vous dans une dizaine d'heures, à l'arrivée. À l'équipe : merci pour tout. Je me suis senti comme un vrai pro, comme on en voit pas trop en course à pied, plutôt en moto, le rêve...

Champex -- Praz-de-Fort
Alors cette montée attention. On laisse partir Bombyx parce qu'il est trop rapide pour nous, mais on choppe le wagon qui arrive, qui dépose tout sur son passage. Quel rythme, mené par des Bretons infatigables, je suis tant bien que mal cette étape décisive. Je démarre devant Phil, je prends un peu de recul avec mon prédécesseur qui n'a pas un rythme qui me convient, trop saccadé et Phil en profite pour attaquer, et se mettre dans la semelle des Breizh. Quelques fois j'ai presque failli crier « Phil on se retrouve au ravito » et puis un orgueil bien placé aura eu raison de mes intentions séditieuses, et c'est avec joie que nous arrivons en haut, en ayant au passage déposé Bombyx, après un régal de montée. Trop bon !

Praz-de-Fort -- Le grand col Ferret
Ça descend alors on court !
Un pit-stop à La Peule et sinon c'est bonne course jusqu'à la route, et bonne (peut-être pas si athlétique que ça, à la réflexion !) marche jusqu'à La Fouly, où l'on croise tour à tour Bombyx, Sébastien, Bottle. Je ne garde pas beaucoup de souvenirs de cette partie, si ce n'est l'accrochage au wagon Suisse qui nous passe après La Fouly, histoire d'avancer. On se prend à rêver de finir les derniers classés, à la limite du temps règlementaire, mais on se rend compte qu'il n'en faudra pas beaucoup pour le faire sans le vouloir, ce qui nous décide à accélérer le mouvement. La nuit tombante ne me fait pas prendre conscience du temps qui passe. On a fait le plus dur, on a fait le grand col Ferret et après, c'est de la rigolade (d'après Cyr).

Le grand col Ferret -- Arnuva
Pétard c'te côte boudiou.
On en profite pour discuter, ça fait du bien de vivre un peu avec des gens que l'on ne côtoie au quotidien (ou à l'hebdomadaire plutôt) que par messagerie électronique interposée.
On prend notre temps, enfin je vais surtout à mon rythme, avec un planté de bâtons super efficace pour faire travailler les bras plutôt que les jambes. À environ la moitié de l'ascension, je me dis que je me ferai bien une petite pause assis, et c'est allongé que je me retrouve en un instant ; j'ai un style vraiment ras du sol avec mes bâtons à ce moment là ! Enfin, ça monte et ça fait du bien, même si c'est dur. J'en profite pour prendre un peu d'avance sur Phil et pour discuter avec les bénévoles en haut. J'aime bien ces discussions un peu à la ramasse, et puis bizarrement j'en ressors avec toujours plus de motivation.
La paysage est magnifique, le soleil présent mais nous sommes rafraîchis par une légère brise, bien fraîche en haut, ce qui me fait mettre mon Ufo-veste. Un petit sms à Gé-powa et en retour une info de retrouvailles : ils seront avec les parents de Phil, l'Électron et Koline à Champex pour nous voir, youpi.


(En route vers la joie ; photo Maindru)

Arnuva
Des bananes, des bananes, des bananes, du coca, de l'eau, du coca, des bananes, du saucisson. Merci Cyr. Grosse pause, et je retrouve Phil qui sort dans un état proche du coma d'une mini-sieste avortée. François est là avec son sourire dévastateur, qui remonte le moral en moins de temps qu'il ne faut pour l'écrire. Le grand col Ferret : tranquillement, une formalité ; tranquillement, une rigolade.

Arnuva -- refuge Bonatti
Oh pétard que j'ai mal. Enfin non, pas mal, mais las, je suis las. J'envoie un petit sms à Gé pour lui donner un peu de powa, et surtout en reprendre un max, puisqu'elle est déjà arrivée, elle as fait une CCC du tonnerre, surtout sans entraînement depuis mai... Le Phil est toujours devant et je ne le rattrape pas, pétard de pétard, il m'avait pourtant dit qu'il n'avait plus de jus ! Qu'elles sont dures ces portions roulantes où l'on aimerait bien courir, mais sans assez ressources pour le faire. Et puis j'ai une idée lumineuse, j'appelle Cyr, la hotline de l'UTMB. Je lui explique mon cas et lui me remonte le moral sans en avoir l'air, en dédramatisant la suite : le grand col Ferret : t'y vas piano et hop c'est fait. Et ensuite ? Bah ensuite il n'y a plus de côte dignes de ce nom, juste des trucs qui monte un peu, mais même pas plus de 600m d'un coup, une rigolade, non ?
Arf, le Cyr, trop de bien qu'il m'a fait, encore re-re-re-merci Cyr ; et puis il en profite pour me donner des nouvelles de la tête, des copains, devant, derrière, en rade ; bon je ne suis pas tout seul dans cette galère, je vais me le faire cet UTMB, non mais. Une coupure de téléphone permet à Gé d'intervenir : elle est tout guillerette au téléphone, elle a fini et bien fini sa CCC, et me dit qu'elle viendra à Champex avec Koko qui n'est plus en course, zut crotte. C'est le retour au beau fixe pour moi. Bon alors Arnuva, t'arrive ?

refuge Bonatti -- Bertone
Je croise Phil quand j'arrive à Bertone. Il a l'air bien cuit, me dit que je vais fondre sur lui.
Je prends une petite pause, coca, bouffe et comme cette montée ne m'a rien fait, je repars le couteau presqu'entre les dents pour le rattraper. Mais que ce passage est longuet, pfff, heureusement que le paysage est magnifique. Finalement au refuge Bonatti, je discute un peu avec les bénévoles, ça fait du bien de sourire. Je ne m'attarde pas beaucoup, mais trop quand même. Je suis tout seul dans cette galère et j'en ai marre.

Bertone -- Courmayeur
Je profite de la route pour appeler ma petit femme partie en week-end avec les enfants ; tout se passe bien pour eux, ouf, je ne suis pas le seul à prendre du plaisir. Je me fais enfumer par Sushimaki ; je me dis que je la rattraperai dans la montée pour discuter un peu mais c'est plutôt quinze heures plus tard que je le ferai, quelle vitalité !
Je trouve un bon wagon pour cette petite côtelette, elle passe sans coup férir, sans joie, mais sans trop de peine non plus, c'est toujours ça de gagner. Heureusement, parce que la prise de mes écouteurs semble mal en point, un faux contact me prive de musique dans cette ascension, la poisse avec cette musique !

Courmayeur
9h25. Sitôt mon sac récupérer, je me change, le t-shirt manches courtes remplace le Wintertrail, je me retartine les pieds de Nok, refais le niveau de barres à la spiru et de crème de marrons dans mon sac et je file manger un morceau, en m'apercevant du coup que le pointage est là. À l'intérieur, j'engloutis quelques parts de marbré au chocolat excellent, quelques morceaux de banane, remplis ma poche à eau et je ne traîne pas. Je traverse la salle pour voir si je vois quelqu'un de connu, mais je ressors vite, tout seul. Les rues ne sont pas très enthousiasmantes, la conduite des Italiens toujours aussi dangereuse vu d'un piéton. Je ne m'attarde donc pas, vite un sentier, vite la montée !


(La base-vie dans 5 minutes ; photos Maindru)


(Quel régal cette descente ; photos Maindru)

Courmayeur -- col Chécrouit
Ah ! mon lecteur mp3. Je l'avais emmené spécialement pour cette descente. J'en ai, en effet, rêvé dans la nuit de mercredi : aux aurores (j'étais en avance par rapport à mes prévisions, et d'autant plus par rapport à mon temps actuel), belle descente vallonnée, verdoyante dans les Alpages, avec Magenta dans les oreilles. Après quelques minutes de pause au col, je m'efforce de réchauffer la pile et voilà donc que le lecteur redémarre. Mon sourire revient en même temps. Je mets les écouteurs, sélectionne mon morceau choisi, mets le volume au max et file au travers les pâturages... en faisant attention de ne pas m'user sur le bitume. Cette descente ne correspond en rien à mon rêve, j'en suis tout de même assez déçu, mais au moins j'ai retrouvé de la musique, et je ne me suis pas détruit en dévalant cette pente, merci M. Elisabetta.

Col Chécrouit -- Arête mont Favre
Ouch, qu'il est difficile ce passage. Je me traîne littéralement. Je me fais doubler, et pratiquement tous me lancent des « vas-y Stéphane ». Je me suis demandé toute cette portion si je connaissais tant de monde, je réaliserai plus tard que mon dossard était dans mon dos, facile donc pour y lire mon prénom... C'était très sympa les gars, de m'encourager comme ça. J'en avais besoin, même si ça ne s'est pas ressenti sur mon rythme ! Mon objectif chrono explose mais ce n'est pas grave du tout, je m'en contre-fiche, je veux juste finir. Le mot « abandon » vient se glisser dans ma tête mais il reste vide de sens, et s'en va aussi vite qu'il est venu. J'ai trop envie de ma polaire à l'arrivée pour arrêter maintenant.

Arête mont Favre -- lac Combal
Aïe aïe aïe. Je suis à la ramasse totale dans cette montée. Je me fais doubler par Bébert (ravi de t'avoir croisé... si, si, c'est pratiquement un croisement tellement la différence de vitesse était grande !) et c'est fourbu que je m'arrête en haut, pour me refaire un plein de spiruline... et de céréales et de chocolat. J'y vois Phil qui un peu de plus me passais sans me voir. Content de l'avoir croisé, c'est toujours ça de pris. Il me conseille de marcher lentement au soleil, mais je suis trop cuit pour le faire. je m'arrête une dizaine de minutes, et je savoure l'effet chocolat. Au moins mon palais apprécie. Mon objectif chrono est passablement démonté, mais ça ne me chagrine pas trop, le paysage est magnifique, et la course est belle, très belle.

lac Combal -- refuge Elisabetta
Rien à dire, je relance dès le refuge, après m'être aperçu que mon lecteur mp3 ne veut pas fonctionner alors que je le trimballe pour ça. Ça m'énerve passablement cette électronique qui ne tient pas le coup ! Je réalise un peu plus tard que c'est sans doute la pile exposée au froid de la nuit qui n'a pas tenu le choc.

refuge Elisabetta -- col de la Seigne
Belle descente, l'arrivée sur le refuge puis le ravitaillement est magique, avec l'aube naissante, un régal. Je récupère du monde sur les descentes, c'est chouette. Au ravito, j'ai des nouvelles des premiers ici, un Scott un peu énervé, déjà loin derrière un Mermoud qui en veut. Le gars au pointage me conseille la prudence pour la descente de Courmayeur, un truc à se flinguer les cuisses en un rien de temps, et c'est pas fini ensuite. Je retiens le conseil et m'en vais m'équiper de mon lecteur mp3.

Col de la Seigne -- Les Chapieux
Oh ce passage. Un rêve. Pour la course, je suis largement dans les temps pour 34h30. La nuit est belle, la côte me scotche un peu mais l'approche est vraiment magique. La route, pâlement éclairée par une Lune presque pleine, des cliquetis de bâtons devant et derrière, quelques frontales devant et derrière et moi. J'avance là sans éclairage, profitant d'un bitume bien appréciable, j'avance sans hâte, profitant de ce moment comme si j'avais l'éternité devant moi. C'était magique. Et cette montée, quel bonheur, régulière, souple, avec l'aurore qui pointe son nez au sommet, découpant les formes aiguës des sommets alentours. Le bonheur. Même si malgré mon rythme très tranquille, je peine bien quand même. Et dans les derniers lacets, voir cette ribambelle de frontales pratiquement continue jusqu'aux Chapieux, ahhhh, je m'y vois encore, j'ai hâte d'y retourner, même si je sais que les conditions météo rencontrées ce week-end sont exceptionnelles.

Les Chapieux -- croix du Bonhomme
Houl-là, les bâtons en avant, je marche tel en quadri-pod géant, bien mal adapté aux conditions du terrain. La phase finale de la descente vers le ravito aura été rude et longue, je manque deux gamelles, mais en réussis une bien belle, malheureusement restée sans témoins. Avant ça, j'ai pris bien du plaisir à cette descente caillouteuse -- qui me rappelle la descente des Cornettes de Bise, ma montagne préférée des vacances -- où je double quand même quelques personnes, ouf. Le ravito est rapidement fait, banane, coca et eau pour la poche, je suis pile dans mon timing, youpi !
En sortant, deux gamins m'interpellent « eh t'es qui toi l'esquimau », tout ça parce que j'ai enfoncé ma casquette sur ma capuche ! Quel public quand même, 3h du matin et toujours du monde, youpi, col de la Seigne me voilà !

Croix du Bonhomme -- Saint Gervais
Pfff, rien à dire sur ce passage. Je relance bien dès qu'il y a un bout de plat, je ne me fait pas déposer, sauf par Stef34 qui doute de sa perf finale après un départ comme ça (quel loulou). Je loupe Gilles l'épicier d'Olivier91 après Saint Gervais, qui clarine dans la montée de Saint Nicolas de Véroce, profite du ravito des Contamines pour enfiler collant long et Wintertrail. À ce moment : ça monte tant mieux, ça descend tant mieux. Je suis en avance sur mon timing, tout va bien, youpi. Juste après Saint Gervais, je profite d'un endroit pas éclairé pour chercher ma frontale dans mon sac ( :o) ) et prendre mes bâtons en main, allez, la montagne commence là.

Saint Gervais -- La Charme
Belle descente, je ne double pratiquement pas, sauf au tout début sur l'herbe, et je rentre tranquillement dans Saint Gervais, éberlué par tant de monde. En arrivant, je croise le Sanglier (euh... tu ne serais pas parti un peu vite mon Brandon ?) qui repart ; je suis encouragé Géraldine, Florent et toute la foule en délire, c'est le dé-li-re ! La passerelle -- pour passer au-dessus de la route sans couper la circulation, qui m'avait parue étrangement haute et rébarbative lorsque je l'avais vu en voiture, en allant chez Olivier91 -- est rigolote ; je double Stef34 qui cherche ses supporters privés ; il est excellent ce passage, ça donne une de ces gniak ! Donc le ravito est plutôt vite fait : banane, une rondelle de saucisson et deux cocas. Youpi.


(Sans les bâtons ; photo Maindru)

La Charme -- Les Houches
Après avoir hésité deux secondes, je m'arrête prendre deux verres de coca au ravito des Houches, et ensuite je file, je double le Phil et me fait plaisir dans cette première montée. J'évite avec à propos tous les coups de bâtons potentiellement recevables, me faufile entre des grappes de coureurs. Je suis transformé en coureursolitaires : les mains dans le dos et trotte. Juste avant le contrôle de la Charme (déjà ?), le massif du mont Blanc se part de ses plus belles couleurs crépusculaires, quel spectacle ! Je suis bien, je suis bien, il y a du monde mais je suis bien !

Les Houches -- Chamonix (départ)
Tranquille, tranquille le départ. Je discute avec Ysolo, Bottle, on prend notre temps, on rigole bien déjà. Heureusement, ça fait passer ce tronçon où l'on est au coude à coude, plein de gens, trop pour moi, mais en bonne compagnie ça passe très bien, finalement. En arrivant sur la route, j'allonge un peu, sans prévenir Ysolo, sans même y penser vraiment, zut j'aurais bien aimé lui souhaiter une bonne course. Surtout que je lui ai dit de me secouer si par hasard il me trouvait sur un chemin, il m'a répondu avec toute l'assurance possible que s'il me doublait, il n'y avait pas grand chose qui pourrait l'empêcher de m'emmener avec lui vers l'arrivée. Merci Yves, j'aime bien courir avec toi.
Et avant ça, le départ, où je reste quelques secondes aux côtés de Phil, les yeux embrumés, où j'en profite pour lui dire que c'est grâce à lui que je suis là. Grâce a M. Ultrafondus comme s'escrime à l'appeler sa factrice (maintenant tout le monde le sait), grâce aussi à sa maman, qui, par les détours que seul le hasard connaît, m'a fait parvenir le magazine Ultrafondus numéro 4 (septembre 2003, ça vous dit quelque chose ?) il y a deux ans, qui m'a fait accrocher au wagon Ufo : deux années passées à rêver en compagnie de gens plus ou moins timbrés de courses sans fins, toutes plus belles les unes que les autres. Merci à vous deux.
Le coup de canon a retenti, je passe la ligne en marchant, tranquillement, je profite, en mon for intérieur, de cette émotion intense qui me submerge, Marie (soeur du Sanglier) m'attrape l'épaule et m'encourage, puis un spectateur visiblement très ému en profite pour prendre ma main pour la serrer, une poignée de main d'avant-match, quel incroyable émotion ! C'est donc pour ça qu'ils reviennent tous les ans depuis 2003, quelle formidable machine les organisateurs ont réussi à mettre en place en si peu de temps, je ne suis même pas encore parti que je sais que je reviendrai, comment faire autrement, c'est une messe, tous unis vers le même idéal, prendre du plaisir en courant. Dur dur de rester de glace face à un tel spectacle !

puoilz hshhhhsiiks-----voilà c'est fini. Bravo pour ceux qui arrivent jusque là.
Bien sûr, l'UTMB n'est pas que ça, il y a aussi l'accueil de M. Olivier91 et de toute sa famille, unie avec lui pour la course, quel régal ces quelques jours passés avec vous, avec Gilles l'épicier du coin et supporter n. 1, Eric l'alpiniste, Géraldine et Zeb, l'Électron, Jérôme, Kourpavix, Bottle, c'était un régal ! Sans parler de la croziflette mortellement bonne, qui donne de l'énergie jusqu'au bout de la nuit (des nuits ?). Et puis la préparation avec les outils de Rémi Poivert, excellents. Et je reviens également sur le ravito de Champex, merci beaucoup les filles et les gars, ça m'a fait un bien fou de vous voir, ah ! que j'ai aimé ce week-end, je vous le conseille. Et pour ceux qui craignent un peu le monde, et préfèrent les courses plus « intimistes » : essayez parce que la ferveur ressentie au ravitos efface sans problème les première heures digne d'un marathon. Mais attention : l'essayer, c'est l'adopter !

J'arrête là, je sens que ça devient un peu décousu, j'ai du mal à rester concentré, je ferme les yeux et me revois tour à tour à Champex dans ce barnum surchauffé, en haut du col de la Seigne face à l'aurore, dans la rude montée de Tseppes, dans la descente de Vallorcine... Quand est-ce qu'on y retourne ?