dimanche 27 mars 2011

Précis de balade dominicale (*), ou l’optimisation à la portée d'un poireau

La quatrième édition de l’Eco-Trail de Paris Île-de-France se tenait fin mars. Une grosse course du point de vue distance mais aussi de celui du nombre de participants (pratiquement 1900 partants sur le parcours de 80 km) en tout début de saison, de quoi porter un jugement sur mon volume hivernal et aussi essayer des trucs et astuces !

Absent des trois premières éditions pour des motifs pas forcément fondés, j’ai la possibilité en début d’année de mettre un terme à cette série. Je ferai donc l’Eco-Trail de Paris Île-de-France. Cette sortie devient au fil des semaines un véritable objectif, non seulement parce que ça serait dommage de louper une occasion de tirer un peu sur la machine entre copains, mais aussi parce que la probabilité de faire la 6666 Occitane, qui me semblait un très bon objectif en fin d’année dernière, s’amenuise.

Je pars du principe difficilement concevable que je ne m’entraîne pas. Je fais des sorties, dont l’enchaînement peut ressembler, de loin et à certains moments, à un plan structuré. Mais ça ne serait que fortuit : je décide par exemple en septembre de tenter un mini-dernier-objectif de fin d’année : tenir la moyenne (phénoménale pour moi) de 10 kilomètres par jour jusqu’au 31 décembre. Je passerai ainsi d’environ 50 kilomètres hebdomadaires à 70. J’y parviendrai presque, puisqu’il ne me manque qu’une trentaine de kilomètres fin décembre pour réaliser cet objectif. Le 1er janvier arrive sans grande résolution, mais avec l’envie de continuer sur ma lancée : et pourquoi ne pas tenter de tenir cette moyenne sur une année entière ? C’est ainsi que s'enchaînent sept mois avec un volume hebdomadaire qui avoisine la longueur de la course.

Je ne me sens pas invincible après un tel traitement, mais les jambes tournent dans un bon rythme, que les sensations soient au rendez-vous de ma sortie ou non et ce quelque soit sa longueur, ce qui ne m'était jamais arrivé. Manque de chance, je prends froid à trop vouloir faire l'estivant quinze jour avant le départ. L'avant-dernière semaine sera donc un peu perturbée et assez légère, contrairement à ce que je prévoyais. Ceci me décide sans trop me forcer à ne faire qu'une semaine d'un petit affûtage avant la course. Deux sorties de 15 km le dimanche et 70 km en cinq jours, ce n'est pas vraiment ce que j'appelle du tapering. Mais je me fais plaisir à reprendre mes marques du point de vue sensations et surtout respiration. Étonnante même, la sortie du jeudi me paraît poussive alors que je suis pratiquement à mon rythme le meilleur. Je me prends même à regarder mes semaines d'entraînements précédant mes deux courses les plus réussies sportivement parlant... me serais-je mis un peu de pression ?

Arrive le week-end. Un week-end de course chez les Ultrafondus est toujours un peu particulier. Ça commence le vendredi qui est consacré au stand, sous le chapiteau de la course. La Tour Eiffel se dresse devant nous, comme une donjon d'un château imprenable. Je ne lui jette que quelques coups d'œil placides, on verra bien demain. La station debout n'est pas conseillée la veille d'une course, mais mes jambes ne semblent pas trop souffrir. Seul hic, je ne bois quasiment pas de la journée, encore un mauvais point. Après avoir éviter de peu d'être embarqué dans une avant-course en forme de « off » pourtant prometteuse, je rentre chez moi pour une nuit un peu trop courte, mais particulièrement paisible, chose rare avant un événement de cette importance. La matinée est relativement stressante, il me faut préparer mon sac, l'itinéraire, la puce, m'occuper un minimum des enfants... je pars bien sûr en retard par rapport à l'horaire prévu, mais roule sans encombre jusqu'à la base de loisirs de Saint Quentin-en-Yvelines, où je décide bêtement de me garer plutôt que de tenter de trouver une place vers la gare avant de prendre une navette.

Nous y voilà. Samedi midi, je vadrouille à la rencontre des uns et des autres du côté de la zone de départ. J'ai mis au point une tactique toute personnelle la veille, partant du principe qu'il y aura des bouchons au premier ravitaillement. Je veux optimiser la logistique, pour essayer de profiter de cette course d'un point de vue sportif : toutes les conditions sont réunies pour faire une belle perf, ça serait dommage de s'en priver. Le paysage n'est pas différent de chez moi et je connais même quelques coins traversés par le parcours. L'idée de ne pas regarder tout le temps la forêt ni les panoramas ne me gêne donc pas trop. Celle de ne pas trop discuter non plus. Je me laisse même séduire par l'idée de regarder mon GPS tous les kilomètres. Horreur ! J'ai arrêté de courir des marathons car je ne supportais plus de courir les yeux rivés au chronomètre, et je remplace cet acte par son double : regarder un autre indicateur (la vitesse globale ici) pendant... plus de 80 km. Tout le monde peut se tromper ! Ce vendredi donc, après des heures de discussions sur le stand, me conforte dans mon idée de... ne pas m'arrêter au premier ravitaillement. Ce n'est pas conseillé par l'organisation – ça serait même le contraire – mais après tout, je sais que je peux tenir 55 km avec mon kit de survie, testé et approuvé après de nombreux « ultras du boulot » ces deux dernières années, de chez moi à mon ancien boulot parisien. Mon secret ? Une poche à eau de presque deux litres remplie d'un mélange d'eau et d'eau gazeuse, et une petite bouteille remplie de cola. Avec ça et deux compotes, je tiens des heures. Alors pourquoi pas sur une course ?

12 h 30. Le départ est donné sous un chaud soleil. Nous nous sommes placés avec mon compère assez proche de l'arche de départ et nous sommes littéralement engloutis par une marée humaine. Nos 10 km/h sont trop ridicules pour s'échapper. Ça donnerait tout de même 8 h 18 min sur la ligne d'arrivée puisque la course a été ré-évaluée à quasiment 83 km : je m'en contenterais bien. C'était d'ailleurs mon auto-pronostic super rapide que je donnais à qui voulait l'entendre : je vise 8 h pour les 80 km. Je le pensais avec quelques minutes derrière, de une à trente pour une course de rêve... moins de cinquante-neuf pour ne pas trop biaiser l'étude échocardiographique réalisée par une équipe médicale avant le départ et dès l'arrivée franchie. En parlant du cœur, c'est bien mon rythme cardiaque que je souhaite contrôler pendant les premières heures de course, avant d'essayer de contrôler la vitesse moyenne. Pour une deuxième utilisation du cardiofréquencemètre en course, je me fixe une limite à 160 pulsations par minute pour n'importe quel pic d'effort (principalement en côte, donc) sur ce début de course. Avec une fréquence cardiaque maximale près de 190 et après quelques essais, je sais que je peux tenir ce 160 pendant quelques heures ; je compte bien utiliser les pulsations gagnées au départ pour accélérer sur la fin. Mais bref, revenons à la course car c'est parti très vite devant, et vite de tous les côtés. À mon poignet, j'ai un peu plus de 140 pulsations par minute, une allure un peu au-dessus de 10 km/h, impossible d'aller mieux, je m'étonne de ces chiffres si bons et je m'étonne encore plus de résister à ces sensations d'allégresse. L'arrière des cuisses tire un peu depuis le départ, je paie raisonnablement ma station debout de la veille. Et pour le reste, mes muscles brûlent de se consumer. La première heure de course s'effectue au mental. Je n'avais jamais connu ça. Oui, je me freine. Tout mon être aspire à accélérer, à profiter des sensations de bien être que procure une bonne foulée enlevée. J'essaie de tromper mon cœur, mes muscles, mon sang en discutant, en me gavant de patience... en me promettant une revanche chevaleresque.

Deux heures passent ainsi, à lutter pour ne pas accélérer à la première occasion, pour ne pas doubler un groupe de coureur qui me ralentit un peu en descente ou sur un petit mono-trace bourré de racines... pour rester à l'abri et avoir ma revanche. Pendant ces deux heures, je bois peu, vraiment très peu... trop peu. J'engloutis une compote et vois arriver avec soulagement le premier ravitaillement. Ma course se joue là. Ma performance, mon chrono, mon objectif, tous ces termes que je n'emploie que rarement, et encore plus rarement ensemble. C'est ici, maintenant, que je décide de commencer à m'amuser, à laisser derrière moi tous les doutes, les appréhensions, les freins. Même si cela ne doit pas durer jusqu'à la Tour, j'aurais au moins eu ma période de « ça va déchirer grave ». Ravitaillement du 21e kilomètre, je passe sans un regard pour les tables certainement remplies de bonnes choses, cachées par une foule incroyablement dense. Cette cour d'école est passée en moins de 30 secondes, et me permet de gagner au moins une centaine de places.

J'accélère un peu, je me lâche, ça y est, c'est le moment, mon moment, pour profiter en situation des superbes sensations accumulées depuis ces derniers mois. Mes jambes répondent bien, je commence à relever un peu la tête pour profiter de tous les stimuli extérieurs. Le sérieux du dénivelé arrive, avec la succession des premières grosses côtes du parcours. Je n'avais pas de stratégie pour les gérer, le contrôle de la fréquence cardiaque m'en apporte une : je marche dès que j'atteins 155 battements par minute, sans pour autant couper mon effort, mais en m'accordant jusqu'à 160 avant de réfréner mon ardeur. Ce met en place automatiquement une respiration profonde – en insistant sur l'expiration – qui m'avait réussi lors de mes dernières courses, m'évitant un emballement dont j'étais assez coutumier... et que je payais d'une manière ou d'une autre au bout de quelques heures. Je grappille encore des places en montées. Dans la même idée, je déroule vraiment la foulée dans les descentes. Il n'y aura pas de grandes pentes trop dévastatrices pour les quadriceps, autant en profiter en s'amusant un peu. Je passe le 30e kilomètre avec toujours la même joie de courir, j'en rajoute même un petit peu, profitant au maximum de l'espace autour de moi. J'avale ma 2e compote et commence à penser avec avidité à ma bouteille de cola dans mon sac : allez, ça sera pour le 35e. Je bois toujours aussi peu. Je m'en rends compte mais mes réserves sont tout de même assez limitées, alors je garde mon rythme de petites gorgées de temps en temps. Et voilà le moment pour sortir ma bouteille, son contenu est avalé en deux côtes successives, on dira ce que l'on voudra, ce goût inimitable requinque. Je continue ma progression, la vitesse globale baisse à cause des montées mais les jambes ne s'en ressentent encore pas trop. La mi-course est passée avec un peu d'appréhension pour la suite. Mais quand je regarde les visages de ceux que je double, je me rassure en me disant que je ne dois pas aller si mal. J'ai bien envie de lancer un « allez, encore autant » à certains coureurs mais je me ravise craignant que cette réflexion soit mal perçue. Enfin, nous entrons dans le parc de l'observatoire de Meudon. Et pour la première fois depuis hier soir, je vois la Tour Eiffel. Le ciel est chargé, quelques gouttes commencent à tomber. Je sors ma veste peu de temps après, en profitant de l'arrêt obligé pour le contrôle des sacs. Je repars du contrôle en marchant, prenant le temps de mettre ma veste, avant de profiter encore du parc. J'y suis venu quelques fois pour courir, quelques fondus d'un laboratoire du CNRS y organisent un cross tous les ans, début janvier. Le terrain y est toujours gras, aujourd'hui il me paraît bien sec. Je me plais à passer lentement, avec le souffle régulier là où plus habituellement mes pieds martèlent le sol et mon souffle est court. Je croise un peu plus loin un célèbre Ultrafondus sur son vélo, qui m'accompagnera pendant deux bons kilomètres. Deux kilomètres gratuits passés à discuter du bon vieux temps et de l'avenir. Il me quitte en m'indiquant l'arrivée sur 2e ravitaillement. Celle-ci se fait par un long faux-plat montant, dans lequel je garde une petite foulée de course ainsi qu'un énorme sourire, ce qui dénote un peu avec les masques des quelques concurrents qui me côtoient. Je viens de terminer un très long et bon passage, le plus technique et difficile de la course ; il ne reste que 25 km, autant dire que... rien n'est joué.

C'est donc mon premier ravitaillement, et je n'en profite pas pour prendre mon temps. Il est très largement dimensionné pour accueillir le peu de coureurs qui arrivent à ce moment. Je remplis ma poche à eau pas encore à sec et sors mon arme secrète. J'avais en effet mis de la poudre de soupe aux légumes dans ma gourde, rangée dans mon sac. Je la remplis rapidement, engloutis sur place une poignée de raisins secs et deux Tucs, reprends deux morceaux de bananes et sors du ravitaillement pour me remettre de ces agapes en marchant. Un grand moment de quasi-solitude commence. Je reste derrière un gars à quelques dizaines de mètres et je ne le rattraperai vraiment que dans le parc de Saint Cloud. Quelques coureurs me doublent, j'en double quelques uns mais cette section est vraiment très calme. On sentirait presque l'attente avant le coup de fouet final. La vitesse moyenne devient ma motivation, j'avale ma soupe à vitesse grand V, alternant avec de l'eau fraîche. La déshydratation de cet après-midi commence à se faire sentir, je n'ai pas encore marqué le moindre arrêt technique... en six heures de course. L'optimisation entraîne la prise de risques, j'espère à ce moment que je pourrais arriver au premier étage avant d'être complètement sec. La nuit s'installe, les dernières côtes se transforment en faux-plats et sont avalées à bon rythme. Malgré les trois kilomètres supplémentaires annoncés au départ, le spectre des neuf heures s'éloigne... les huit heures piles ne sont plus envisageables depuis bien longtemps déjà, si elles ne l'ont jamais été, mais les neuf heures, limite pour participer à l'étude médicale, sont quasiment acquises. Ce deuxième objectif chronométrique m'aura bien motivé.

Et voilà le dernier ravitaillement, déjà. Je ne m'occupe même pas de ma poche à eau que je sais encore assez remplie pour les dix derniers kilomètres. Je demande un peu de soupe pour remplir ma gourde, prends encore quelques Tucs et raisins secs et reprends le parcours en mode marche, tout en les avalant. Encore deux minutes d'arrêt, après l'optimisation de l'hydratation, j'aurai bien optimisé les arrêts. Je sors ma petite frontale, qui s'avère un peu faible dans des conditions d'éclairage partiel. Je le savais et comptais sur le peu de temps à en avoir besoin pour contre-balancer ce défaut. Le timing est juste un peu plus serré qu'espéré. Je perds un peu de temps dans les chemins qui mène à la dernière descente de la course, et après celle-ci pour retrouver les balises autour des arbres, mais ensuite nous retrouvons l'éclairage urbain, la frontale devient vraiment peu utile. Là encore, j'ai bien fait de me contenter de cette double-LED super légère.

Enfin les quais, et la Tour scintillante à bout de bras. Bizarrement, c'est à ce moment que je retrouve des coureurs. Tout s'accélère ici, ceux qui souffrent depuis un moment n'en peuvent plus, ceux qui en ont gardé suffisamment sous les semelles prennent la poudre d'escampette. J'espère bien faire partie de ces derniers, mais je patiente encore un peu. Oh, pas longtemps, non. Au 74e kilomètre, un gars me double doucement ; son passage entraîne une réaction chimique dans mon cerveau. Si je dois accélérer, c'est le moment. Tant pis s'il est trop tôt ; même si je craque un peu plus loin, je ne devrais pas perdre trop de temps au final et puis j'aurais essayé, au moins. Sans compter que je ne suis plus à quelques minutes s'il m'arrivait de craquer complètement. C'est donc là que je place mon accélération foudroyante. Enfin, elle ne l'est que pour mon imagination, car tout mon être sait bien que je ne suis même pas à douze kilomètres à l'heure. Je ne regarde plus mon GPS, uniquement les quelques mètres devant moi. C'est un tort, je m'égare deux fois, deux fois de rien du tout, quelques secondes, mais cela casse la fragile volonté que j'avais de finir sur les chapeaux de roues. Et puis il y a les crampes, ou plutôt les quelques alertes sous les pieds, aux mollets et derrière les cuisses qui se tendent lorsque ma foulée n'est plus aussi souple. Et puis il y a la déshydratation qui commence à réclamer son dû, je m'arrêterai plusieurs fois sous les ponts. Ce n'est donc pas une fin chevaleresque qui m'amène au pied de la Tour, mais bien une fin d'ultra comme j'en ai l'habitude, ou tout tire ou coince plus ou moins, mais où mon sourire est comme une bonne étoile. L'arrivée sous la Tour Eiffel est phénoménale, les bénévoles bloquent les voitures pour nous laisser passer, la foule en délire nous acclame et enfin les escaliers sont là. Ah ! Quel agréable moment, après cette arrivée triomphale, d'avoir quelques minutes à soi, entre la Tour et nous-mêmes, à repenser à mon état à différents moments de la journée, à ma gestion de course et à toutes les bonnes décisions que j'aurai prises aujourd'hui. En franchissant la ligne les bras levés, je signe ma meilleure course de tous les temps, toutes distances confondues. La gestion du risque n'est donc pas seulement à portée de l'élite, le poireau moyen peut aussi avoir sa journée d'optimisation ! Pourvu qu'il y en ait d'autres.

Ça ne sera pas pour le lendemain. Après une soirée passée en très bonne compagnie, le retour sera plus problématique que l'aller. Tout va bien dans le RER qui me ramène à Saint Quentin, mais à minuit passé après presque neuf en de course, ma réflexion est limitée... il me faudra plus d'une heure pour retrouver ma voiture, esseulée sur le parking de la base de loisirs. Heureusement, le gardien me laisse en sortir et me permet de rentrer tranquillement chez moi. Dans la voiture, c'est gourde à portée de main, chauffage et sourire à fond. (*) La course a bien eu lieu un samedi, même si ça ressemblait à un 2e jour de week-end !

samedi 11 décembre 2010

Origole 2010, nuit blanche

Super content de cette édition !

Avant la course
Ufo-power à tous les étages des gradins du gymnase. C'est trop bon de revoir tous les potes en même temps, ah-ah, excellent, je suis heureux d'être là, même si l'idée de partir faire 75 bornes de nuit me laisse... euh... bizarre.

1re boucle, 3h26' - (200+ au départ 42e à l'arrivée) - cumulé : 3h26'
Tranquillement, un peu froid sur la fin mais je garde la veste dans le sac quand même. Le début passer à discuter avec Catson (un arrêt bas-côté m'oblige à le laisser partir... mais il allait trop vite pour moi de toute façon), un petit bout de Bombyx (juste pour nous dire qu'il est malade, alors qu'il paraissait en pleine forme, j'ai trouvé ?), Cap92 (la honte quand même, j'avais oublié que l'on avait mangé ensemble il y a un mois... des fois je me demande quand sortira le 1er disque dur à brancher sur le cerveau, ça me sera grandement utile), Lau toujours aussi à-la-cool et puis qui d'autre ? Euh... je ne me souviens plus. il y a du monde un peu partout tout le temps, ça crie et chante même (sic !) je ne me perd même pas (faut dire que j'ai aussi la trace au GPS) mais alors le marquage : grandiose !

Ravito no 1 - 7' - cumulé : 3h34'
Bref, Arrivé bien refroidi au ravito, je me demande s'il faut changer de chaussettes et renonce en pensant qu'un kilomètre plus loin je serai de nouveau les pieds trempés. Donc hop je ne traîne pas... surtout que Bottle et Tony viennent d'arriver. Donc 7' d'arrêt pour enfiler un t-shirt Ufo manches longues supplémentaire (4e couche par dessus les ThermoBreath+Wintertrail+t-shirt Ufo manches courtes !) reprendre une compote, une crème de marrons dans mon sac, trois Coca, du cake et des Tucs au ravito et je franchi la porte de sortie la bouche encore pleine.

2e boucle - 2h36' (22e à l'arrivée) - cumulé : 6h10'
Je repars donc assez vite mais je me fais bientôt remonter par Lau qui courotte/marchotte aussi vite que moi (qui courotte tout le temps !). Deux trois me dépassent, j'en dépasse deux-trois... cette boucle est superbe, bien froide et donc globalement assez tout seul, je m'épanouie (non sans déc, j'adore cette boucle, même si les pieds gèlent doucement). Plus aucun bruit, plaisir garanti.

Ravito no 2 - 7' - cumulé : 6h17'
Je me jette sur mon sac pour prendre encore compote/crème de marrons, remplir ma poche à eau avec de la Badoit rouge (je n'avais pas fait le plein au 1er ravito mais il m'en restait encore largement), et m'engouffrer tout ce que je trouve au ravito. Je ne traîne pas et repars sans avoir vu Bottle ni Bombyx (oh-oh !).

3e boucle - 3h49' (20e au départ, 18e à l'arrivée) - cumulé : 10h07'
Et là, la Bombyx-revival commence. Je cours assez longtemps avec un gars derrière (enfin, pas tout près quand même, assez loin pour me dire que je suis tout seul) qui finit par me passer lentement car il fait du cyrano -- moi je fais du fartlek : course sur le plat, marche ailleurs :-). Les côtes sont courtes mais raides, la neige est partout, la nuit encore bien noire, c'est un régal. Au bout de quelques côtes, je mets la musique pour rester dans le positif aussi longtemps que possible. Peu à peu le jour se lève et mes forces avec... mais comme Bombyx ne m'a pas encore passer, je me convainc qu'il est en moi : à chaque fin de côte, je penserai « relance mon gars, comme ferait Bombyx ». Et ça marche, bon j'ai des coups de « bien lent quand même » mais pas de vrai coup de mou, et la relance est toujours là, génial. Je rattrape même Catson et le gars-en-cyrano (Thomas d'après le classement), ma motivation ne baisse toujours pas... j'étais venu en me disant que ça serait l'horreur, et finalement je me retrouve dans un pays de bonheur : neige, bois, seul au monde. Je suis la trace 2009 au GPS et lorsque je débouche finalement sur un bon gros chemin tout plat qui semble bien prendre la direction de l'arrivée, je ne peux pas m'empêcher de sourire. Je relance et accélère même un petit peu, ah-ah. Deux bénévoles et deux traversées de routes plus loin, je reprends le chemin du départ de cette 3e boucle en sens inverse (non, je n'ai pas hésité à tourner à droite pour la refaire : je suis content mais explosé !), je me retourne encore quelques fois pour vérifier que personne ne déboule derrière (mais ouf, rien, pas même un Bottle ou un Bombyx) et savoure ces derniers virages, You-hou ! J'entre dans la salle, fais mon show, entends les Ufos déjà arrivés et crie un magnifique Ufo-power!

Une fois récupéré mes quelques neurones, je croise enfin Philgrizzli et l'enguirlande de termes élogieux sur cette édition : marquage impeccable (nan mais sans déc, le boulot pour le débalisage, au secours !) et les bénévoles super-top sympas qui se pèlent toujours autant aux croisements ou en pleine forêt, chapeau.

Swampy et Wouter sont bien sûr déjà là -- pétard de pétard le Swampy ! you-hou well done! --, heureusement Ultra-Steph qui finit pas si loin devant moi -- si j'avais su j'aurais accélérer (arf, c'est une blague, hein !) -- et malheureusement les Ufottes Koline (1 boucle de régal) et Le Piou (2 boucles de régal) et même le Paulo qui en a fini avec son serre-file 2e boucle (là à sa place sans torsion de jambe... j'aurais pas osé).

Je peux savourer les arrivées des suivants, et surtout celle de Bombyx que j'ai -- il faut bien le dire -- pourri comme il faut (il vous dira qu'il était malade mais ça ne tient pas !). Par contre je loupe Catson à l'arrivée, merde ! comment c'est possible ? Je ne traîne pas trop, il faut que je rentre pour amener toute la famille voir Henri Dès en concert... après 2h à chanter et à taper des mains avec cinq cents personnes, 1h20' pour rentrer en passant par les Champs pour voir les arbres décorés (ça, on a eu le temps de bien les voir !), je suis complètement cuit et j'ai faim, mais faim !

J'en ai fini de cette troisième et dernière Origole... cette édition était vraiment douce comparée aux autres, une nuit blanche à double titre, un régal. Mais à la réflexion de ce qui se trame, on dirait que les précédentes étaient pas trop pires, voire même gentilles quand on y pense : place à la méchante-Origole en 2012. J'en serai. Le travail mental a déjà commencé.

mercredi 10 novembre 2010

Pony Express!


Karl et son Pony Express

samedi 6 novembre 2010

Grande enquête lecteurs Ultrafondus

Ne perdez pas de temps.

Ultrafondus à besoin de vous !

mercredi 4 août 2010

Hardrock, hardrock, comme un coeur qui bat

(version revue et allongée -- ça devient donc très long ! --, 31 juillet 2010)

Récit en grande partie publié par les bons soins de l’équipe de rédaction d’Ultrafondus magazine, numéro 72
Photos, vidéos : http://picasaweb.google.fr/runstephane/Hardrock2010#
Trace GPX : http://connect.garmin.com/activity/42980182


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2006 : je lis un compte-rendu d’une course aux États-Unis et une photo me décolle les rétines. La course est bien sûr la Hardrock, l’auteur du récit Étienne Fert ; la photo en question le montre avec en arrière-plan l’Island lake.

2010 : le train est en gare — stop. Tous les coureurs sont présents, sains et saufs — stop. Heureusement, le sheriff était là pour rétablir l’ordre avant notre venue — stop. Nous allons pouvoir partir — stop. Pas si sereins que l’on pourrait croire — stop. 100 miles et 33'000 ft de dénivelé positif nous attendent — stop.


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Five, four, three, two, one, you-hou. C’est parti. La Hardrock. Véritable monument aux Etats-Unis. 100 miles dans les San Juan Mountains, perdues dans le sud-ouest du Colorado. Des pentes incroyables, des paysages irréels, un pays de mines et de pierres…

Tout défile en quelques instants, alors que je tiens mon appareil à la main pour filmer le départ. Je me suis placé sur la ligne de départ afin de saisir sur ma carte mémoire les coureurs qui me doubleront… Fin décembre : j’envoie mon dossier d’inscription avec l’UTMB à mon actif et quelques lignes sur ma joie à courir en montagne. Le dossier est accepté, je suis en lice pour la loterie… Début février, la loterie est retransmise en direct via les réseaux internet, je lis en fin de journée que je suis tiré au sort. On était 440 à vouloir faire partie de cette édition 2010, seuls 140 seront à Silverton en ce petit matin de juillet pour en profiter… Début mai : je viens d’acheter mes billets d’avion, le budget est bouclé et la phase finale lancée : je serai au départ. Incroyable, je vois Island lake quand je ferme mes paupières, et j’entends mon cœur battre Hardrock, hardrock quand je m’endors.

Je prévois une dernière semaine en France des plus calmes, reposantes et remplies de sommeil réparateur. Il n’en sera bien sûr rien : chargée en boulot, préparatifs de dernière minute, lectures de roadbook et finalement pas assez de sommeil. Lundi 5 juillet, je prends le RER à 5h30 pour m’envoler vers le Colorado, vivement la prochaine nuit. Le voyage se passe sans encombre, l’arrivée sur Denver est magnifique, je rêve ! Le ciel est bleu, il fait chaud. Je prends la voiture de location pour faire quelques miles et m’avancer au maximum sur mon trajet. Il y a environ 400 miles jusqu’à Silverton où j’aimerais arriver mercredi midi. Je conduis au Colorado.

Je passe un bout de nuit allongé sur le siège passager de ma voiture, dans le sac de couchage, garé sur un parking… d’hôtel. Mais mon sommeil est haché, peu réparateur et comme je suis encore bien excité par tous ces changements, je redémarre très tôt. J’alterne conduite et pauses sur cette fabuleuse Interstate 70. Les paysages sont splendides, le lever de soleil amène un peu de sérénité. La route serpente pendant un long moment dans le canyon le long de la rivière Colorado. J’arrive à Grand Junction où je fais quelques emplettes pour préparer ma course et remplir les 6 drop bags autorisés. Mon mélange détonnant crème de marron + noix de cajou sera remplacé par des Snickers (sucre, gras, sel, tout y est)… heureusement j’ai trouvé du Coca-Cola pour m’hydrater. J’en aurai toujours une petite bouteille sur moi pour éviter les coups durs trop durs pendant la course. Je passe mon après-midi à parcourir le Colorado Monument, paysages de cowboys où l’érosion a fait du beau travail. Une nuit dans la forêt de Mesa, dans un vrai camping cette fois mais près d’un lac pour le régal des pêcheurs… et des moustiques. Nuit calme mais pas assez longue à mon goût. Décollage peu après 6 h.

J’arrive à Ouray le mercredi matin. J’y fais un bout de parcours en suivant le roadbook. Il y a un gros ravitaillement ici (une aid station comme on dit) et j’y passerai de nuit, une petite visite me rassurera. Je reprends la voiture pour terminer mon périple et j’arrive donc à Silverton à midi passé, après avoir essuyé un gros orage de grêle au col entre les deux villes. Le check-in a déjà commencé quand j’arrive, mais il y a encore toute la journée de demain pour s’inscrire, il n’y a donc pas foule. Je paie mon inscription et reçois en retour mon dossard et plein de bonnes choses à mettre ou à manger. Le contrôle médical est exceptionnellement rapide : tension (12/8, moins qu’en France) et pouls (60, idem… il faudra chercher un problème d’altitude ailleurs, c’est heureux) et aucune pesée ; tout est ok, j’ai le feu vert du staff médical. L’après-midi est passé à l’intérieur d’un gymnase avec une lecture exhaustive du roadbook imagée par des photos du parcours et commentée par le traceur du circuit, Charlie Thorn. Très intéressant, si ce n’est que les diapositives sont celles de l’année dernière (on suit donc le circuit à l’envers ) et que l’accent du Charlie est trop fort pour mes pauvres oreilles. Heureusement, la carte du parcours est affichée, une base sûre pour intégrer les dernières modifications. Je passe la journée du jeudi à flâner dans cette petite ville qui, avec son train à vapeur et ses rues en cendre, a été le théâtre de plusieurs westerns. Avant la pasta party, une fusillade entérine ce chapitre : des fans d’armes à feu rejouent les années chercheurs d’or de ces contrées.

La pasta se déroule dans le plus beau bar de la ville. J’y rencontre Jerry et Jenna (père et sœur de Dale, le directeur de la course), avec qui je partage les spaghetti alla carbonara. Ensuite c’est au tour de Luis de m’aborder : il vient du Panama avec une petite équipe prête à le soutenir et m’avait demandé quelques infos sur la trace GPS de 2004 que j’avais récupéré en farfouillant sur Internet. On parle un peu de tactique — je ne peux pas m’en empêcher la veille d’une course — et d’ultra en général. Je m’en retourne trouver un emplacement par ma tente vers 20 h. Damned! mon petit coin débarrassé des cailloux de la veille est déjà pris, je m’installe au plus près de la rivière. Je prépare mon sac et règle mes différentes alarmes pour le lendemain.

Vendredi. 4 h 20. Réveil après une bonne nuit, comparativement aux veilles de courses habituelles. Je me prépare, plis la tente et vais prendre un verre de thé chaud accompagné de parts de pastèque dans le restaurant de la pasta, spécialement ouvert à cette heure. 5 h 30, un petit tour à la signature obligatoire avant le départ et je profite des derniers instants de calme relatif. J’échange quelques mots avec un peu tout le monde… et trouve Michelle, une Française de Boulder qui accompagne son américain de coureur de mari. L’ambiance est vraiment familiale.

6 h. Après un rapide compte-à-rebours, le départ est donné. Le ciel est limpide, tout le monde a le sourire aux lèvres. Le ton est vite donné : au bout d’une demi-heure, on passe une rivière, de l’eau jusqu’aux genoux. Les pieds vont devoir s’habituer à rester dans l’humidité. La première section est très agréable. J’ai en arrière-pensée l’œdème pulmonaire toujours possible lors d’efforts soutenus en altitude, alors je ralentis dès que mon cœur s’emballe. On passe de vallée en vallée, sous un ciel maintenant menaçant. Une première descente toujours menée à petit rythme et voilà la première aid station : KT. Je commence à ce moment une grande improvisation point de vue alimentaire. Tout ce qu’il ne faut pas faire en course : j’avale un grand verre de boisson énergétique et prend un petit sandwich à la confiture et au beurre de cacahuètes. C’est proposé tellement gentiment ! L’installation est vraiment minimaliste, je pensais faire un arrêt express mais je trouve un bénévole qui revient tout juste des Pyrénées, je ne peux pas passer sans discuter un peu.

La montée suivante me fait passer des alpages bien verts à l’étage minéral, le tout sur fond d’Island lake ; le voilà ce fameux lac, mon rêve continue. Suit le Grant Swamp pass et sa descente vertigineuse. Vertigineuse mais agréable, à courir dans les pierriers. Quasiment 13000 ft d’altitude et je ne ressens toujours pas d’effets négatifs liés à l’altitude, à part ma vitesse ascensionnelle très limitée, pourvu que ça dure ! Un petit arrêt au premier ravitaillement (Chapman Gulch) avec drop bag et changement de chaussettes. Je continue l’improvisation alimentaire, me jette un gel au citron dans le gosier et ajoute une pilule d’électrolytes : ça y est, je m’américanise à vitesse grand V. Là encore, l’arrêt s’éternise, je ne peux pas m’empêcher de discuter et m’en vais sur un « la vie est belle ! » Je croise l’équipe de Luis en repartant, il est parti plus lentement que moi et se trouve donc toujours derrière. La montée au col suivant, entamée sur une piste à Jeep interminable et accompagnée de quelques mouches virulentes à éviter, se termine par un bel orage, ou pluie et neige se mêlent, histoire de nous rappeler que les 4000 m sont bien là. Heureusement, le changement de vallée est assez rapide, et se ressent directement sur les précipitations. Les nuages disparaissent assez vite et font place à un soleil de plomb. Encore une belle descente, dans laquelle je me ménage. Je rencontre John et l’on discute de son futur voyage de noce à Paris… ne lui reste plus qu’à trouver une copine. Et voilà Telluride, où l’on fête les musiques country en été et où les alpinistes sur glace sont rois en hiver. En repartant du ravitaillement, je me trompe de route et m’en vais me balader en ville. Pas longtemps, deux bénévoles croisées à Chapman me remettent dans le droit chemin.

Commence une longue, très longue montée vers Mendota Ridge, puis une traversée qui sera mon chemin de croix, vers Virginius pass. L’arrivée à cette crête, entre deux rochers où se loge une tente et où trois bénévoles réconfortent les coureurs fait chaud au cœur. J’en repars lesté d’une bonne soupe, et vais tranquillement prendre les premiers lacets d’une nouvelle descente vertigineuse. Mes premières glissades arrivent : sur les fesses et à fond pour gagner quelques secondes. Je rattrape ici Kristina qui tient à boucler sa 7e Hardrock. On discutera ensemble jusqu’au ravitaillement suivant, où je reprends un gel et une capsule d'électrolytes et où la piste devient tellement roulante que je ne peux m’empêcher de dérouler un peu. Pour l’instant l’alimentation est idéale : pas de coup de mou — il faut dire que je ne vais pas très vite — et surtout mon hydratation et mon niveau de sels minéraux sont optimaux : pas une seule alerte de déshydratation de la journée, c’est une première pour moi, malgré la chaleur. La nuit tombe et malheureusement, cette allégresse ne dure pas. Mes pieds se rappellent à mon bon souvenir. L’humidité constante n’a pas arrangé ma plante des pieds et je commence à en ressentir les effets. Je m’arrête après une trop longue descente à n’en pas voir la fin à Ouray et vais directement me faire soigner. Les ampoules commencent à être conséquentes. Quarante minutes sont nécessaires pour repartir à neuf. Il faut dire que je trouve toujours quelqu’un qui parle quelques mots de français, et toujours deux ou trois bénévoles totalement focalisés sur ma petite personne, ça encourage la discussion. J’ai rempli mon sac d’eau et de gels, que je digère au mieux.

De nouveau en mode montée, avec Kristina qui m’a rattrapé sur le temps de repos. L’on suit la Bear creek, un impressionnant chemin creusé par les mineurs dans la roche, sans garde-fou ni main courante, avec une centaine de mètres de vide avant d’atterrir dans le torrent en cas de chute. Arrive Engineer, encore une aid station où je réussis à parler français. La bénévole qui m’a pris en charge à quelques mots qui me résonnent encore aux oreilles : « — qu’est-ce que je peux encore faire pour toi ? — Rien, tout est parfait ! — Alors tu peux y aller, bonne chance ! » ; et me voilà reparti, remonté comme une pendule pour suivre les lacets qui mènent à Oh Point . Nous n’irons pas jusque là, seulement au col, où j’arrive avant l’aube. Une fois là-haut, l’émotion commence à vouloir déborder. J’y crie « Engineer You-Hou » et, de chaque côté, un coureur ou son pacer me répond. Débordement. Je me dis bien que cette eau me sera bien utile en plein cœur de la journée, mais les larmes coulent toutes seules, contournant ma bouche sur laquelle se dresse un incroyable sourire. Une demi-heure de bonheur. On vient seulement de passer la moitié de course mais je suis dans un mode « invincible ». Oh oui je vais le chercher ce diplôme, oh oui je pourrais faire le fier avec ce t-shirt Harcrock acheté la veille du départ. Il me reste encore au moins 24 heures à tenir, mais je ferai tout, je donnerai tout ce que j’ai apporté, pour aller embrasser ce rocher dans les temps. La fin de la descente est particulièrement pénible. Je shoote dans quelques pierres et sens mes ongles de gros orteils partir en lambeaux. L’arrivée à Grouse Gulch est une délivrance. Là, Pete — un secouriste en montagne qui vient de passer six mois en France grâce à un programme d’échange de secouristes entre ces deux régions montagneuses — s’occupe de moi. Il me perce les ongles et me soulage grandement de cette pression accumulée. Je peux repartir, après encore 40 minutes de pause, à l’assaut du prochain col, American-Grouse pass, en haut duquel je m’accorde une nouvelle pause de 20 minutes, allongé dans l’herbe tendre et chauffé par le soleil du matin. La prochaine épreuve tient lieu de pierre angulaire : Handies peak, 14'048 ft, l’un des derniers, des plus petits, des 48 fourteeners du Colorado. L’arrivée au col me remue encore, me renverse et distille toute l’âme que je pourrais avoir. Je suis obligé de m’asseoir pour pouvoir donner libre cours à toute cette émotion. Cinq minutes à pleurer sur la beauté du monde qui nous entoure. Tout est tellement simple. Un peu de fatigue, une bonne dose d’altitude et tous les problèmes du monde pourraient être résolus aussi simplement qu’un lac de glacier se déverse dans une vallée. Passé ce moment hors du temps, je reprends mon ascension vers le sommet de la course. La redescente est terriblement trop caillouteuse pour mes pieds, et l’arrivée sur une interminable piste où les fans de quad et de 4 × 4 nous croisent ne me redonne pas beaucoup de moral. J’ai chaud, le soleil tape et j’arrive difficilement, en courant, à rattraper Kristina qui marche.

Sherman. Ah, Sherman. J’y pense depuis quelques heures : avant dernier ravitaillement avec drop bag. Plus qu’un, donc, avant l'arrivée. Oui mais attention, entre Sherman et Cunningham, il y a 20 miles, et il en restera encore une dizaine pour boucler la boucle. Qu’importe, je suis revigoré par cet arrêt, même si je le souhaitais plus court. Je me suis encore rafistolé les pieds, ça tiendra bien 30 miles. Une nouvelle montée nous attend, le long de Cataract Gulch, très agréable en forêt, avec le soleil qui donne et quelques averses orageuses pour refroidir la machine. Suit une longue traversée de pâturages où je ne croiserai qu’un jeune élan, en dehors des coureurs bien sûr. Les deux petites aid stations sont passées assez rapidement, je m’offre tout de même un chocolat chaud à Maggie Gulch. La nuit tombe, je fais route avec Kristina vers le sommet de Green Mountain. Là, malgré la carte, la trace dans le GPS, je suis bien content de pouvoir suivre une bientôt 7e fois finisher de Hardrock. La trace est inexistante, les balises trop basses et éloignées pour être vues, à moins d’être sur le bon chemin… celui que suit Kristina : impressionnant. La descente vers Cunnginham se révèle particulièrement éprouvante, mes orteils explosent l’un après l’autre dans les lacets et les pierres du chemin. Je peux enfin me reposer avant la dernière étape. Autour de feux de camp, j’ingurgite encore une soupe et me décide à affronter les derniers démons qui rôdent sur le parcours. Le dernier tronçon est en effet à pic, le roadbook précise que toute chute y serait fatale… douceur de vivre à l’américaine ? D’ici là, une montée de mineurs nous attend. Traduire des cailloux, des pierres et des lacets, en boucle. 3000 ft, 900 m interminables, encore. Je n’avance pas. 2h10 pour arriver au premier sommet. Et pourtant, ce n’est pas si lent que ça. J’aurais maintenu cette vitesse de 400 m/h pratiquement toute la course, compte tenu de mon inadaptation à l’altitude, j’aurais difficilement pu rêver mieux. Enfin le dernier passage risqué est là. Rien ne glisse, tout va bien, même si de loin ma silhouette doit marquer un angle certain avec la verticale.

Le calvaire. Il commence ici. J’ai plus de 4 heures pour faire 7 miles en descente, une rigolade. Il m’en faudra 3, un vrai calvaire. La descente commence par un chemin de cailloux, qui semblent tous vouloir dirent bonjour à mes orteils. Et quand enfin cela pourrait s’améliorer, la route tant attendue n’est qu’une vieille piste à 4 × 4, tout aussi défoncée et remplie de pierres. Mais là j’ai trop attendu. En marchant comme je le fais depuis le sommet, je n’atteindrai pas le rocher avant le temps limite. Il faut que je coure. Les premiers pas m’arrachent des grognements. Pas un ours ne viendrait par ici à ce moment, c’est toujours ça de gagner. Mais ce n’est pas assez, j’accélère un peu et passe enfin en mode course à pied au bout d’une dizaine de minutes, au fil des passages sans cailloux et de la saturation des réseaux nerveux qui irriguent le devant de mes pieds. S’en suit un chemin qui se confond avec un ruisseau, une forêt improbable et ce qui semble être qu’une suite de virages mis là pour repousser encore l’assaut victorieux. Il n’en est rien : d’après la carte et même la trace GPS, le tracé pourrait difficilement être plus rectiligne pour nous emmener aux portes de Silverton.

Silverton, enfin. J’ai le temps, maintenant. Plus d’une heure d’avance sur le cut-off impardonnable de 48 h . Je m’arrange comme je peux. Enlève tout ce qui traine, pour être beau pour la foule qui sûrement m’attend à l’arrivée. Je traverse Silverton endormie, une vraie ville fantôme… Ah que c’est bon de revenir ici. Dernière ligne droite, je croise un coureur qui sort d’un hôtel « good job man », oh oui. Good job mon vieux. Et dernier virage, toujours personne en vue, quelle joie de se retrouver seul face au rocher. Derniers pas. Je me penche et embrasse sur la bouche le big horn, ce mouflon aux cornes impressionnantes peint sur le hard rock. Et la surgissent un photographe, la responsable des inscriptions, Rebecca, et le grand manitou de cette course de folie, Dale, qui me donne un hug, m’enfile la médaille et me demande des nouvelles en un seul mouvement. J’ai les yeux qui scintillent, un great job man résonne dans la rue, c’est John, avec qui j’avais fait la descente vers Telluride… une éternité de cela… avant-hier. Ah quel plaisir d’arriver, de pouvoir poser sac et vêtements et contempler le panneau de classement rempli à la main par Jerry, qui paraît ravi de me voir après avoir suivi ma progression. Celui-ci me demande si je suis fier d’avoir fait tout ce chemin depuis la France pour venir voir ces montagnes. Pas défier la nature, ni repousser mes limites… juste voir ces montagnes. Oh oui je suis fier : à moi le t-shirt Hardrock, la chope Hardrock, les manchettes Hardrock. Je suis Hardrocker et fier de l’être. Quelle course. Quelle belle course. Elle m’a fait rêver pendant presque quatre ans… ça en valait la peine, largement. Et ce n’est pas terminer, j’aimerai beaucoup découvrir ces paysages de l’autre côté… je suis bon pour revenir pour une counter-clockwise direction, une année impaire, donc.

Je file me doucher et occupe quelque peu Eliott du staff médical pour résoudre une bonne fois pour toutes mes problèmes de pieds. Il me fera les soins minimum préférant laisser les ampoules dans leur état pour accélérer le processus de guérison, selon lui. Je remets mes chaussures bateau et part prendre le soleil dans la rue. Un coup de fil chez moi et à Philippe me tiennent éveillés jusqu’à l’heure du breakfast. Petit repas où je retrouve toutes ces têtes maintenant connues, où l'on partage adresses électroniques et photos. Je mange à la table de Luis qui a malheureusement dû jeter l’éponge après avoir subit un gros mal de crâne dès les premières montées. Suit la remise des diplômes, où Dale trouve les mots pour tout le monde, les spectateurs, les crews , les coureurs qui ont arrêté, ceux qui sont arrivés, leur conjoint. Les finishers sont appelés pour venir prendre leur diplôme, les deux premiers du classement peuvent dire quelques mots. L’heure du départ est vite arrivée. Je repousse encore ce moment en discutant à droite et à gauche, notamment avec John qui me laisse ses tongs après avoir constaté l’état de mes pieds (je gagne haut la main le concours des orteils rigolos). Mon voyage de retour en sera grandement facilité. Je vais faire une petite sieste dans la voiture, les pieds en l’air. Au réveil, je me décide à percer toutes les ampoules, la marche est trop douloureuse et je redoute les quelques heures de conduite jusqu’à demain midi. Cette opération me fait grand bien, me permet de marcher un peu mieux et je m’offre même le luxe d’une glace avant de quitter Silverton. L’allée aux drapeaux est toute nue, le gymnase rangé et nettoyé, ne reste de la course que le hard rock au milieu de la rue. La bulle hors du temps prend fin.

Le retour en voiture sera long et entrecoupé de siestes. J’arrive pile à l’heure pour rendre la voiture et enregistrer mes bagages. Une fois dans le hall d’embarquement, je peux souffler un bon coup, sans pour autant faire le point sur ma semaine : c’est encore bien trop tôt pour digérer toutes ces sensations. L’escale à Atlanta est assez tendue, des orages perturbent la circulation et les horaires s’en ressentent. Après quelques minutes de grande tension, je peux enfin savourer le siège près de la sortie de secours qui me permet d’allonger mes jambes. Je termine mon trajet en RER, pour finir cette parenthèse que j’ai eu le luxe de m’offrir.

Avec tout mon cœur, mes remerciements les plus sincères à Philippe (infiniment désolé pour les anses), Marylise, Dale, Rebecca, Charlie, Jerry, Jenna, Krissy, John, Michelle et les rockstars de bénévoles qui m’ont poussé, permis et fait passer un week-end inoubliable dans le Colorado.

mardi 1 juin 2010

Doublé Grand Raid 73/Allobroges

Un week-end choc, sept semaines avant l'objectif de l'année. Les conditions seront bien différentes à Silverton, mais l'idée de faire 130 km et 9000 m+ en moins de 40 heures arrive à point nommé pour se rassurer, au moins sur la capacité des quadriceps à résister au cumul de descentes. Restera la grande inconnue du Colorado : l'altitude.

Deux remerciements sincères et néanmoins mérités : à DidierP qui lance l'idée du doublé sur le forum d'Ultrafondus et à Serge qui me décide à franchir le pas et faire la 2e course du week-end.

Vendredi 21
Olivier91 retrouvé par hasard sur l'autoroute, ah c'te blague !
Je fais un stop au Cellier des chênes à Saint Baldoph : je vous le conseille, j'en suis ressorti avec plus de choses que prévu mais je me délecte à l'avance de déguster ma Chartreuse dans des verres de Chartreuse (d'ailleurs, on reconnaît bien là les Savoyards, leurs verres à liqueur font la taille des verres à bière de Paris -- bref).
Rencontre avec le père Noël Gilbert en personne dans le gymnase de Cruet, c'est déjà la fête !
La fête continue chez Upda & Co., merci pour l'accueil et _la_ recette qui marche : gratin de crozets :-) Tout cela assorti de discussions tactiques (j'adore toujours ces moments). Allez c'est parti pour 15h/12h avec Didier pour le duo du doublé.

Samedi 22 -- Grand raid 73 Allibert trail
Je pars avec Didier et Sam après avoir croisé Roger, Bébert et son pote (Fred ?) spécialistes vidéo. Donc nous sommes plutôt vers la fin du peloton, la première montée est un peu lente à mon goût mais -- mais --, instant décisif du week-end, c'est exactement le rythme qu'il me fallait. Je me détache de Sam et Didier au fil des dépassements. La chaîne de Belledone est vraiment magnifique. À la montée de la Gallopaz, je me sens toujours aussi bien. À la descente je croise Anaëlle qui va se faire sa Gallop' à elle, et je continue mon petit bonhomme de chemin. Ça passe vite, je n'ai toujours pas de coup de mou... je bois beaucoup par rapport à d'habitude, et surtout j'enfourne beaucoup de tranches de saucissons... sur du pain d'épices c'est un délice. Un bout de banane pour faire couler et, bref voila je continue.
En route pour le Colombier, je croise Alice, Sophie et les enfants juste avant de repartir du ravito. Assez rapidement je me retrouve au col où je suis heureusement surpris par la présence de Sandrine et Manu, ah-ah trop super bien ! J'ai à peine le temps de discuter et 23' plus tard je suis au sommet. Je baisse mon buff sur mes yeux et m'aide de ma canne pour trouver mon chemin en comptant sur la bienveillance des bénévoles pour me l'indiquer... mais l'irresponsable de service veut me conduire au ravin. Heureusement au passage de la croix je recouvre la vue, pétard c'était bon de te voir là, François.

(en haut du Colombier, photo François)

D'ailleurs bizarrement, François, en bon Bauju, porte des chaussures à lacets, alors que lorsque l'on monte au sommet du Colombier, on pourrait se dire que dans ce coin ils ne connaissent pas -- les lacets. Humour.
Ça doit être par là que je me pose la question de mon week-end choc : finir fort (relativement, s'entend) le GR73 ou ralentir pour assurer le doublé ? Beh je choisis la première solution, je suis bien, toujours pas de coup de mou, roule-ma-poule. Je relance à chaque portion à peu près plate, je me suis vraiment régalé. Déjà le mont Pelat et son ravito où je retrouve une nouvelle fois la family-crew : les filles me tiennent au courant des écarts, je ne me fais même pas trop larguer par Laurent, j'suis trop content. Et puis la fin, bah c'est relance encore alors vraiment c'est top. Au final je crois bien ne pas m'être fait doublé, ça doit être la première fois que ça m'arrive ! 12h29... pour 15h prévues c'est pas mal, merci du cadeau père Noël Gilbert. Au GPS 71 km et 4700m+, le tout enregistré en quatre traces : enregistrement début, enregistrement fin, effacer journal suivi, impecc.
L'attente des collègues est bien sympa, bouffe avec Gilbert, et farniente dans l'herbe avec les filles -- je sais maintenant pourquoi il faut arriver avant les autres ;-) À l'arrivée de Didier, la décision irrévocable tombe : malgré les 15h de précision alsacienne (10' d'avance), le bougre n'a plus envie d'aller visiter le Chablais. Du coup moi non plus. On bouffe (encore), on discute (toujours), j'ai un peu de mal à me décider et un peu avant 22h j'appelle Serge pour annuler ma visite. En 2', il arrive à inverser la situation : je monte dans la voiture et file chez lui.

Dimanche 23 -- Trail des Allobroges
Je me gare et prépare mes affaires pour le lendemain, ou plutôt le jour même. Je n'ai plus qu'à dormir, je ferai un p'tit déj pain au choc/Coca dans la voiture en allant au départ pour maximiser mon temps de sommeil. Je mets le réveil et voilà qu'il sonne déjà. Quatre heures ça passe vite, mais j'ai encore passé une bonne nuit.
Au départ, je croise un Ufo mais tellement vite que je ne me rappelle même plus de son pseudo : je suis déjà à l'ouest. Et paf c'est parti, 212 concurrents et pendant une heure, je serai 210e de la course. Je suis à fond, j'ai l'impression d'avancer mais tout le monde est loin devant. Je vais doucement (sic !) dans les deux premières descentes, discute pas mal dans les montées -- p'tit bonjour au frangin de Tercan, je ne lui ai même pas demandé son prénom. Au bout de 2h de course, je commence à avoir des remontées d'émotions : voilà qui est pratique quand on fait deux courses en un week-end, pas la peine d'attendre la fin pour pleurer sur soi.
Évidemment c'est là que ça se corse, la montée qui suit sur piste forestière est une horreur et n'en finit pas, la poisse : mont Forchat, tu m'étonnes. N'empêche que la combe (?) au pied du col de l'Encrenaz est superbe. Et puis ça fait tout oublié si bien qu'arrivé à Lullin et au croisement 58/35 km, là j'aurais pu choisir d'écourter ma course, je n'y pense même pas : zou. Après tout je me sens bien, enfin pas beaucoup plus mal que ce matin. Peu de temps après on longe le Brevon sur le muret qui le borde : c'est excellent... mais trop court, ensuite ça remonte et ça devient l'enfer !
Heureusement, entre deux passages à corde -- c'est bien ça repose les jambes --, je trouve des p'tits gars du secours en montagne qui s'apprêtent à prendre l'apéro : je passe directement au morceau de pain à la fondue et au bout de saucisson ; ah qu'ils sont gentils les gars du pays ! Ensuite c'est de nouveau ravito (officiel) où je me pète encore la ruche au saucisson. La montée sur la pointe d'Ireuse est superbe, dans les névés avec vue sur... eh bien tout, quel régal.

(étude de la flore, montée à la Pointe d'Ireuse, photo Terra Trail)

En plus, j'ai encore perfectionné mon style « de l'étude de la flore en mode macro avec bâtons à l'appui », étude commencé sur les pentes du Grand col Ferret en 2007, que j'aurais l'occasion de retravailler peu avant l'arrivée. En haut je tape la discute avec les gars de l'organisation et ne résiste pas à l'envie de partager mon programme de la veille avec eux : ça fait un peu imbu de sa personne mais les encouragements donnent du moral. La descente est « relativement peu roulante, dois-je dire » et l'arrivée sur le lac pourtant magnifique de Vallon est interminable, je courotte laborieusement en étant surpris trois fois par mes bâtons que je tiens à la main : j'ai cru trois fois de suite que quelqu'un me doublait... ouch, la chaleur commence à faire son effet, la déshydratation et la fatigue aussi. La ravito est un bonheur : saucisson, saucisson, saucisson. Bizarrement e repars de là avec la pêche, le petit passage le long du Brevon (encore) me fait du bien, il fait plus frais. Je tiens au GPS et décompte les kilomètres. Sauf que les rallonges font toujours recette, la fin n'arrive pas. Au 56e je suis avec un gars du coin qui me dit « oh, il en reste au moins quatre »... je me dis « il déconne ! » et comme ça roule, je relance. Et en fait au 58e je suis toujours en train de relancer et l'arrivée est toujours plus loin. Bref, après avoir cru un bon moment pouvoir terminer en 12h, me voilà à 12h20 de course à une route, où le bénévole m'annonce deux-trois kilomètres. QUOI ? Heureusement trois minutes plus loin une charmante demoiselle m'annonce cinq vraies minutes... Un dernier virage, un joli petit pont, dernières photos officielles et un dernier bénévole qui me dit de lever la tête pour voir l'arche d'arrivée, un dernier coup d'œil à ma montre et au lieu de monter tranquillement cette dernière côtelette, je cours pour faire le chrono idéal du week-end : 12h29 :-) Trop content de faire ce temps-là. Au GPS, 60 km bien tassés et 3700m+. Évidemment à cette heure il n'y a plus grand monde, je retrouve un gars avec qui j'ai passé la première heure et m'attable devant le repas d'après course qui tue : crozets et jambon de pays. Pétard ! J'aime trop ça !!!!

Petit bilan après le retour
Le bémol du week-end : pas vu beaucoup d'Ufos en proportion du nombre d'inscrits sur les deux courses, je suis peut-être un peu asocial. À ma décharge, j'étais en y repensant vraiment pas très alerte le dimanche matin.
Il faut que je mette les traces sur la carte IGN pour retrouver mes idées, tout se mélange. Mais c'est pas si grave parce que c'était chouette, vraiment très chouette :Belledone, Chartreuse, Bauges, Chablais... quel plaisir ; les copains, quel plaisir ; des questions, une réponse, quel plaisir ; 130 bornes et 8500m+ au soleil, quel plaisir. Mangez-en comme dirait un loupiot du coin. Je n'étais pas en Célestie mais je peux quand dire « on est bien ». Ce matin petit déj', puis soupe, puis re-soupe sur l'autoroute, puis énorme salade de riz en arrivant à la maison, avec du salé et du lait, de l'eau... et -2 kg sur la balance. J'ai comme qui dirait un petit déficit quelque part, mais je ne cherche même pas où, j'ai trop faim de saucisson et soif de bière pour y penser !

Équipement
Aux pieds, des Inov-8 bien sûr. Les X-talon 212 le samedi, qui à cause d'un mauvais laçage (trop lâche) pendant les deux premières heures me donneront quelques ampoules. Celles-ci seront non-traitées par la Croix rouge à l'arrivée : du désinfectant sur l'ampoule et un pansement... c'est tout. Ah ? Je les percerai avec une épingle juste avant le départ le lendemain, en renforçant les pansements avec du sparadrap. Le dimanche, les Roclite 295 pour changer. Pour les deux courses, chaussettes de base, guêtres, short, t-shirt manches courtes Ufo, manchettes Moeben papillons, buff, veste Raidlight Top R-light, ma montre Timex pour le chrono général et avoir un repère d'arrêts aux ravitos et mon Garmin Foretrex 401 pour les traces, l'altitude calibrée sur les GPS fonctionne très bien. Pour porter l'approvisionnement, le sac à dos Wasp de Ultimate Direction. Le départ se fera avec la poche remplie de Badoit rouge, une crème de marron, un sachet de noix de cajou, deux compotes le samedi (j'en aurais bien avalé une de plus) et quatre le dimanche (une de trop).

vendredi 7 mai 2010

In the Starting-blocks

Grand jour.

En plein « courons vert », me voilà en train d'exploser mon quota d'équivalent-carbone. Oui, aujourd'hui j'ai franchi le pas. Le plus important de l'année sans doute, pour tout ce qui concerne le plus important de mes loisirs. Après avoir mûrement peser le pour et le pour, j'ai joué de la carte bleue qui a rougi sous le poids des chiffres.


Pour :



Aller le lundi 5 juillet, départ à 10h40 de CDG. Arrivée à 18h59 à DEN après une escale de presque quatre heures à ATL.
Retour le lundi 13 juillet, départ à 14h30 de DEN. Arrivée à 11h30 à CDG après une escale d'une heure et vingt minutes à ATL.

Entre les deux :


(ou équivalent)


Tout ça pour profiter de ça (entre autres) pendant quatre jours :



Keep going!